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Jean-Baptiste Sécheret, New York 2011-2012, peinture à la colle sur papier marouflé sur toile, 209×300 cm, collection particulière, Paris.

Une exposition consacrée aux paysages de Jean-Baptiste Sécheret, peintre et graveur, est programmée par le musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq de l'Isle Adam dans le Val d'Oise, du dimanche 16 novembre 2014 au dimanche 1 mars 2015. L’exposition réunit 80 œuvres (peintures, gravures et fusains) réalisées au gré des promenades et voyages de l’artiste à travers l’Europe et les États-Unis. En parallèle, du 12 au 22 novembre, exposition d'estampes rue de l'Echaudé,  galerie Documents 15.

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Le Colisée, non daté, huile sur carton, 15 × 35,7 cm, collection particulière, Paris

Du 20 mars au 14 juin 2015, pour redécouvrir cet ensemble, on se rendra dans le Tarn, au musée de Castres où sont d'ordinaire visibles trois toiles de Goya, l’Autoportrait à lunettes, le Portrait de Françisco Mayo et La Junte des Philippines. Dans les travaux de Sécheret, on trouvera les réminiscences d'autres oeuvres picturales : Corot, Hopper, Monet, Seurat, Vélasquez ou bien Vuillard.

 Jean-Baptiste Sécheret est né le 15 octobre 1957 à Neuilly-sur-Seine. Après des études à l'Ecole nationale supérieure des Beaux Arts de Paris, il est pensionnaire à la Casa Vélasquez de Madrid, de 1984 à 1986. Parmi ses expositions majeures, on citera celles qui ont pu se dérouler sous les enseignes d'Albert Loeb, Lambert Rouland, Heinz Berggruen et Arsène Bonafous-Murat. En 1997, quand Sécheret exposa des peintures et des monotypes à la galerie de New-York Pillsbury Fine Prints, James Lord rédigea la préface de son catalogue.

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Cyprès, le forum, 2010-2014, peinture à la colle et pigments sur papier 70,5 × 77,5 cm collection particulière, Paris

Depuis 1997, Jean-Baptiste Sécheret expose régulièrement rue d'Alger à Paris, chez Jacques Elbaz.  Jacques Thuillier avait préfacé le catalogue raisonné de son oeuvre gravé et lithographié dont le deuxième volume, 2002-2014, vient de paraître aux éditions Malbodium Museum de Maubeuge cette fois-ci, la préface est signée par Pierre Bergounioux.

Une vingtaine de ces estampes sont conservées à la Bibliothèque nationale de France. Jean-Baptiste Sécheret fut longtemps enseignant à l'école nationale supérieure d'architecture de Paris Belleville. Il a reçu en 2013 le prix de gravure Mario Avati. Son atelier est situé rue Ordener dans le XVIII°, à l'intérieur d'un étage de la Cité Montmartre des artistes. Des vues urbaines de Paris, du Havre et de New-York ont accompagné un livre de Michel Waldberg, Le grand désert d'hommes, publié en 2006. En juin-juillet 2013, dans une collection imaginée par Patrick Mauriès, on découvrait une nouvelle série de lithographies composée pour la parution de Mémoire des murs, un texte de Pierre Bergounioux qui évoque sa ville natale, Brive, la nuit, les boulevards et le cinéma Rex.

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La Rue de Paris, juin 2003, huile sur papier marouflé, 150×195 cm, collection particulière, Paris.

Pendant les récentes années le musée de L'Isle Adam a programmé des expositions à propos de Jacques-Henri Lartigue, d'Alfred Willette, des marines de Jules Dupré ou bien des toiles de Ronan Barrot. Pour cette exposition de Jean-Baptiste Sécheret, Anne-Laure Sol, la conservatrice du musée, publie un catalogue qui comporte 60 pages et 64 illustrations (éd. Lienart, prix 18 euros).

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Les Pyrénées, 1986, peinture à l’huile sur toile, 180×115 cm, collection particulière, Pari

Alain Madeleine-Perdrillat a rédigé la préface du catalogue. Voici les premières lignes de son texte : 

"Dans beaucoup d'œuvres de Jean-Baptiste Sécheret le motif et le point de vue choisis opposent ostensiblement de grandes formes construites (bâtiments divers, usines, monuments anciens ou récents, ailes d'avion...) à l'espace vacant et au ciel, sans qu'apparaisse aucune figure qui distrairait l'attention, rendrait moins sensible cette opposition. On pourrait croire à un monde désert, abandonné ou désaffecté comme tel ancien site industriel que l'artiste a beaucoup peint (la Société métallurgique de Normandie, à Mondeville) ou comme, dans une œuvre quasi unique, la Grande Arche de La Défense, qui semble vide et n'avoir été bâtie que pour abriter et encadrer du vide. Un autre exemple est la longue série consacrée à la plage de Trouville, vue d'un peu haut à différentes saisons et à différentes heures du jour et de la nuit, où aucun promeneur ne se montre, - davantage même : où aucun promeneur ne semble être jamais venu. Certes le temps s'est écoulé, la lumière a changé, mais cet écoulement et ce changement ne sont nullement suggérés, tout au contraire de ce que tentait de faire Monet dans ses fameuses "séries". Et s'il faut juxtaposer les Cathédrales de Rouen de celui-ci, pour en mieux saisir le projet et mieux apprécier les effets, mettre côte à côte les Trouville de Sécheret n'apporte guère à la compréhension de son œuvre : ici chaque moment est arrêté, presque éternisé, ne parle ni d'un avant ni d'un après. De sorte qu'à la limite le rôle de la série n'est pas de dire le temps, mais de le nier.

Alain Paire

Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq 31, Grande Rue 95 290 L’Isle-Adam. www.musee.ville-isle-adam.fr. Tél 01 74 56 11 23 01 34 08 02 72. Ouvert tous les jours sauf mardi, de 14 h à 18 h.

BaptisteVue_de_lAqueduc_dEvoraVue de l’aqueduc d’Evora, 1993, huile sur panneau de bois, 66 × 103 cm, collection particulière, Paris

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