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Octobre 2009, exposition de Jean-Pierre Blanche : "L'autre côté", la face nord de la Sainte Victoire et les territoires proches du château de Vauvenargues. En co-production avec l'Atelier Cézanne, édition d'un catalogue qui rassemble les travaux de Vincent Bioulès et Jean-Pierre Blanche sur le site de la vallée de Vauvenargues. Publication de deux entretiens avec Bioulès et Blanche. Sur ce lien, cf la préface du catalogue Le Voyage à Vauvenargues composée par Michel Hilaire, conservateur du Musée Fabre de Montpellier.

Jean-Pierre Blanche  / Images et Biographie 

Il naît à Paris en 1927. En juin 1940, c’est l’exode. Sa famille prend le dernier train en partance vers le Sud :  la ville qu’ils ont choisie est Montpellier où vivent de vieux amis.

Il fait ses études au Lycée Jeanne d’Arc dont l’emplacement est aujourd’hui l’entrée du musée Fabre. Dans ce musée, il connaît ses premières émotions artistiques. Il accomplit une première année aux Beaux-Arts de Montpellier, suivie par quatre années dans les ateliers de peinture et de gravure des Beaux-Arts de Paris. Pendant cette période, il fait de fréquents aller et retour en Languedoc où vit sa mère. En 1947, il fait la connaissance des parents de Vincent Bioulès et de ses proches qui deviendront peu à peu comme une nouvelle famille.

1949 est la date de son premier voyage en Hollande où il se rend en 2 CV avec des camarades élèves-architectes : un voyage effectué pour découvrir la peinture ancienne, la reconstruction de Rotterdam et le Musée Boymans.

Au début des années cinquante, c’est la découverte de la Bretagne. Il est émerveillé par les lumières de cette région où il fera des séjours réguliers qui se poursuivront jusqu’à aujourd’hui. Il voyage également en Corse : lors de son retour à Paris, il remporte le Prix Comté-Carrière en présentant des figures et des paysages réalisés  dans la région de Balagne.

En 1955, il reçoit le Prix de la Villa Abd-El-Tif qui donne droit à une bourse et à un séjour de deux années pour peindre et découvrir le Maghreb. Il fait plusieurs expositions à Alger et Bône. Il est émerveillé par le désert et prolonge son séjour pour mieux appréhender le Sahara. Il fait la connaissance de l’éditeur Edmond Charlot et de ses amis, Emmanuel Robbles, Mohamed Dib et Jean de Maisonseul avec qui il gardera des liens en métropole.

Il retrouve en 1959 les paysages de son adolescence languedocienne. Il fait l’acquisition d’un vieux mas implanté dans la garrigue au milieu d’oliviers, consacre de nombreuses journées à la restauration de ce domaine dont il soigne les oliviers, l’arbre qu’il préfère. Ses amis de Paris et de Montpellier lui rendent visite. Joseph Delteil qui habite le proche domaine viticole de la Tuilerie de Maussane vient le voir de temps en temps.

1960 marque le début d’un séjour de deux ans au Liban avec sa compagne Claire qu’il épouse à Beyrouth. Elle enseigne la linguistique à l’Ecole des Lettres. Il est recruté pour diriger un atelier de peinture à l’Ecole d’Art et se lie d’amitié avec Georges Schehadé. Au terme de son séjour il fait une exposition commentée par Salah Stétié.

Lors de son retour à Paris, il expose ses travaux rue des Saints Pères à la Librairie-Galerie « Connaître » où il fait la connaissance d’un familier de ce lieu, Lawrence Durrell qu’il retrouve plus tard à Sommières : il tiendra en sa compagnie de longues discussions à propos de la construction des murs de pierres sèches et de la greffe des oliviers.

Il arrive à Aix en Provence en 1965. Son épouse est nommée à la Faculté des Lettres. Deux garçons sont nés, Manuel et Guillaume. Aujourd’hui mariés, ses deux enfants demeurent dans le Midi. A compter de 1967, il retrouve fréquemment Vincent Bioulès qui vient d’être nommé enseignant à l’Ecole d’Art d’Aix. Entre 1973 et 1990, François Bret le recrute pour enseigner le dessin à l’Ecole d’Art et d’Architecture de Luminy.

Depuis 1973, il habite quelques pièces d’une ancienne bastide située dans la proximité d’Aix. Locataire intermittent de cette habitation, André Boucourouchliev fut pendant une décennie son proche voisin. La musique a toujours habité sa vie. Sa compagne Véronica est musieienne et metteur en scènes d'opéra.

Il a longuement parcouru chaque parcelle de la campagne où il vit. Un immense cèdre tricentenaire l’attire particulièrement ; cet arbre est depuis plusieurs années au coeur d’un grand nombre de ses travaux.

Aux Lamberts, lieu d’art contemporain proche d’Aix, une  exposition réunissait en juin 2006 ses paysages et ses grandes études d’arbres. Le cèdre y figurait en majorité, ainsi que le second de ses thèmes privilégiés, « les hautes herbes ».

DECEMBRE 2006, texte de présentation pour l'EXPOSITION DE JEAN-PIERRE BLANCHE, RUE DES MARSEILLAIS.

En bordure de la Chapelle Saint Mitre et des chemins qui montent vers Eguilles, trois ou quatre pièces en enfilade souplement incises dans une bastide du XVIII° siècle forment depuis plus de vingt ans l'aire de travail de Jean-Pierre Blanche. Un immense cèdre, les collines et les canisses de la proche campagne, les arcatures d'une orangerie, des champs d'oliviers et des enchevêtrements de roseaux, les marais salants du Languedoc, la Crau et la Camargue, les rivages et les horizons de la Bretagne, la proximité du Ventoux ou bien encore les criques et les escarpements de la corniche de Marseille, des graminées, des nuées et les souffles du vent requièrent ses explorations.

Avec leurs étagements et leurs vastes étendues, les soins accordés à chacune de leurs parcelles et leurs très fines harmonies, les motifs déployés par Jean-Pierre Blanche me ramènent souvent au terme anglais de landscape. Ses huiles et ses pastels s'arc-boutent sur plusieurs saisons, trouvent progressivement leurs nuances et leur justesse, s'étoilent et se recomposent en atelier, au terme de toutes sortes de détours et de découvertes. Ses tensions, ses désirs et ses souvenirs engendrent de subtiles condensations, ses conclusions conjuguent ensemble plusieurs lignes mélodiques. Tendre les cordes de la lyre, faire sourdre sur la toile de nouvelles nervures, des lieux de jointure et des points de ralliement, ne pas masquer l'indiscipline, la multiplicité et la prodigalité des mystères du monde pas plus que les trames et les tourments du temps qui passe, implique un intense travail d'écoute, de minutieuses décantations, une discrète rigueur d'énonciation.

La fermeté de cette diction n'empêche pas la prévalence d'une étonnante légèreté. Ce microcosme est merveilleusement vivant : sa course, ses musiques et ses pulsations ne se ralentissent pas. Le dénouement, l'achèvement de son tableau ne réside pas uniquement comme Blanche l'indique pour partie en manière de provocation, «dans la boîte de couleurs», parmi les ressources de l'encre noire, de la craie, du fusain et du pastel. Les revers du temps, le mince semis du souvenir n'entravent pas la saveur et la fluidité. Ces paysages électifs relèvent d'un silence et d'une croyance beaucoup plus immenses. En dépit ici et là d'un voilement des couleurs à l'intérieur duquel le deuil ou bien la mélancolie pourraient fermenter, une profonde unité fait respirer la vastitude de l'espace, le regard qui ressaisit les multiples indices de la surface peinte ne rencontre pas d'accroc.

 

On ne peut que s'émerveiller en face des rehauts et des embellies que Jean-Pierre Blanche accomplit quotidiennement. Sans faire d'histoires ni de drames, il se situe à contre-courant par rapport aux normes de l'art d'aujourd'hui. Au-dessus de l'encadrement d'une porte de son domicile autrefois façonné par des oratoriens, il a tracé au crayon une citation aprocryphe de Mozart où l'on affirme que «les gens tristes ne sont pas sérieux». Charles Denner et André Boucourechliev pour évoquer ceux qui sont partis, Vincent Bioulès, le plus proche de ses compagnons dans l'ordre de la peinture, Pierre Guyotat et Blandine Verlet sont quelques-uns de ses amis. Toutes proportions gardées, parce que son style d'existence relève d'une grande élégance et d'une vraie retenue, je voulais me souvenir à son propos d'une fugitive remarque de Charles-Albert Cingria, proférée quand il songeait à Modigliani : «il n'a pas cessé d'être un gentilhomme».

Alain Paire

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