Wols, apatride : Les Milles, Cassis, Dieulefit PDF Envoyer
Choses lues, choses vues
Mercredi, 02 Octobre 2013 20:06

 

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Auto-portrait de Wols, 1936.

Wols est né à Berlin le 27 mai 1913. Son milieu familial est cultivé et aisé, ses parents auraient aimé qu'il devienne chef d'orchestre. Jean-Sébastien Bach dont il pratiquait ardemment les pièces pour violon était le musicien qu'il vénérait. Devant l'état civil, le dessinateur-peintre-photographe, l'auteur d'aphorismes et joueur de banjo Wols s'appelle Alfred Otto Wolfgang Schulze : Wols est un acronyme, une abréviation.

 
Dans l'une de ses notices autobiographiques composée en 1940, il explique qu'il s'est "occupé de tout ce que le hasard a laissé tomber dans ses mains". Il  a travaillé dans un garage de réparation automobile. "Apprenti de la retouche chez une photographe", il fut un familier de l'anthropologue Léo Fobrenius (1873-1938) qui voulait faire de lui un grand musicologue. Làzlo Moholy-Nagy dont il suivit les cours l'avait vivement encouragé pour qu'il parte vivre en France. Wols arrive Paris le 14 juillet 1932 : ce premier séjour l'incite à quitter définitivement son pays d'origine. Il fait à Montparnasse , en février 1933 la rencontre d'une jeune femme roumaine, Gréty Dabija (1898-1984). Epouse du poète Jacques Baron, elle détient la nationalité française. Elle fréquente l'avant-garde artistique et littéraire : Gréty lui présente Arp, Giacometti, Tzara ainsi que Calder dont Wols affectionne énormément les mobiles du One-Man-Circus.

 

Wols revient à Dresde pendant l'été 1933, afin de dire définitivement adieu à sa famille ainsi qu'à l'Allemagne des nazis. Commence pour son couple une vie d'objecteur de conscience et d'apatride sans-papiers trop souvent traqué. Les épreuves qu'ils vont connaître et leurs tempéraments infiniment singuliers soudent leurs existences : Henri-Pierre Roché écrivait à leur propos que "Gréty et Wols ne sont vraiment d'accord sur rien, mais ils sont inséparables". Ils partent pour Barcelone en novembre 1933,  séjournent à Ibiza. Faute de permis de travail, Wols est emprisonné pendant trois mois. Expulsé pendant le soir de Noêl 1935, Wols franchit à pied, par des chemins enneigés, la frontière pyrénéenne : quelques mois auparavant Grety avait déja quitté l'Espagne.

 

Leur séjour en France est moins précaire. Wols devient un photographe apprécié au Pavillon de la mode de l'Exposition universelle de 1937. Roger Blin, Max Ernst, Georges Malkine, Roger Gilbert-Lecomte, Prévert et Mouloudji posent devant son objectif. A côté des visages et des portraits de ces grands outsiders, Wols réalise des images beaucoup plus aventureuses qu'on peut rapprocher des noirs et blancs de la revue Documents : des poupées ou bien des rebuts de clochards qui jonchent un sol pavé, deux tranches de rognons de porc, le crâne d'un lapin écorché sont quelques-uns des travaux marquants de cette époque.

lapin écorché wols

Tête de lapin écorché, vers 1938. Épreuve gélatino-argentique, tirage d’époque, 17 x 24,6 cm
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, photographie de Wols.

1939-1940 : quatorze  mois dans les camps d'internement

Quand la guerre éclate, Wols refuse bien évidemment de prendre rang dans l'armée nazie. Il a 26 ans, l'administration française le somme de rejoindre les lieux de "rassemblement" où sont convoqués les ressortissants allemands et autrichiens. Après avoir subi en septembre 1939 les pelouses et les gradins du stade de Colombes, il transite dans les camps de Vierzon et de Montargis. Il passe Noël dans le Cher, à Neuvy-sur-Barangeon. Enfermé derrière les barbelés de la Tuilerie des Milles en mai 1940, on l'aperçoit pendant l'épisode du Train fantôme de juin 1940 ainsi que dans le camp improvisé jusqu'en juillet, à Saint-Nicolas du Gard, près de Nîmes. Au total, Wols séjourne dans les camps français pendant quatorze mois. Pour l'aider à supporter l'emprisonnement, Gréty Dabija lui transmet aussi souvent que possible du papier, des couleurs et des encres derrière les barbelés. Sa santé s'aggrave, il a des crises d'épilepsie et sombre dans l'alcoolisme ; chaque fois qu'elle le peut, Gréty lui apporte du Pernod dissimulé dans une bouteille de limonade. Le mariage qu'ils célèbrent à l'Hôtel de Ville d'Aix-en-Provence permettra d'obtenir sa libération, le 29 octobre 1940.


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Les enfants terrifiés, aquarelle et plume,  Wols, 1940.

Au camp des Milles, le "fond de l'abîme" n'est pas encore atteint, il surviendra pendant les déportations de l'été 1942 qui conduiront 2.000 internés jusqu'à Drancy. Il faut tenter d'imaginer dans quelle insalubrité, quel vacarme et quelles incertitudes, les gens du camp des Milles se trouvaient enfermés.  Aux Autrichiens et aux Allemands prioritairement requis, s'ajoutent 

des Russes, des Polonais, des Tchèques et des légionnaires. A côté d'artistes comme Hans Bellmer, Karl Bodeck, Max Ernst, Herman Henry Gowa, Werner Laves, Robert Liebknecht, Max Lingner, Peter Lipman-Wulf, Leo Marchütz, Anton Radersschheidt, Ferdinand Springer et Jupp Winter, on rencontre de nombreux membres de l'intelligentsia allemande : deux Prix Nobel scientifiques, des musiciens, des architectes, des comédiens, des universitaires ou bien des écrivains comme Lion Feutchwanger, Walter Hasenclever, Franz Hessel, Alfred Kantorowicz, Hans Meyerowitz et Max Raphaël.

 


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Les internés dorment au premier étage de l'usine, sur terre battue, dans la poussière et les courants d'air, parmi les briques et les séchoirs. La paille disposée sur le sol favorise la prolifération des puces, les punaises et les parasites. Il faut se lever pour l'appel de 6 h 30 du matin (5h 30 pendant l'été). Des repas surchargés de bromure sont souvent pris dans la cour, l'hygiène est inexistante, l'eau potable est puisée en dehors du camp, on fait sécher le linge sur les barbelés, les latrines suscitent d'interminables files d'attente, la dysenterie et l'eczéma sont récurrents. Il faut redonner la parole à Max Ernst quand il décrit auprès de Patrick Waldberg "un juste milieu entre la Pologne - c'est à dire le nulle part -  du Père Ubu, et les sombres étouffoirs de Kafka". Evoquant la très forte spécificité de cet endroit, Max Ernst a des phrases qu'on citera souvent : "Partout il y avait des débris de briques et de la poussière de briques, même dans le peu qu'on nous donnait à manger. Cette poussière rouge pénétrait jusque dans les pores de la peau. On avait l'impression d'être destinés à devenir débris de briques".

Circus Wols

Dans un document qu'il rédige pour solliciter un visa d'entrée aux Etats-Unis (page 138, Les Aphorismes, éd. Flammarion, 2010) Wols s'excusait : "pendant le temps de mon incarcération ...  je n'ai guêre pu travailler, mais j'ai clarifié et renforcé mes projets". D'après un témoignage de sa soeur Elfried (catalogue du musée de Wuppertal, 1956) en dépit de ses angoisses et de sa très grande fragilité, il faisait preuve de courage et de solidarité : "Ne se laissant en rien distraire de son travail, il avait souvent pu soutenir moralement ses compagnons de misère qui lui conservèrent leur amitié jusqu'à sa mort". Gréty raconte que Wols crée ses aquarelles principalement pendant la nuit, "près d'un feu à charbons" ou bien "à la lueur d'une chandelle". Il ne détestait pas l'ambiance permissive et les loufoqueries du cabaret Die Katakombe qui s'animait à la tombée de la nuit. Deux feuillets de cette époque - en particulier, Conversation avec le pianiste Ernst Engel pour lui expliquer les maisons d'Ibiza - attestent de son amitié pour un interné, un musicien de jazz qui avait connu la célébrité dans les cabarets de Berlin. Un dessin à la plume campe avec drôlerie et affection une autre personnalité du camp, le chansonnier et homme de radio Karl Wilchinsky (1884-1959).

Le Circus Wols qu'il imagine à partir du microcosme des Milles devient l'un des grands catalyseurs de sa création. Avec sa structure fermée, les rituels, les protocoles et les évitements qu'elle inflige aux internés, la tuilerie est aux yeux de Wols un lieu d'effroi et simultanément une sorte de cirque, un espace sans distinction ni hiérarchie. Malgré son chaos et son crépuscule permanents, le camp s'impose comme une grille de lecture : c'est un résumé du monde et de la société où l'on peut repérer des invariants, multiplier des scénettes, des péripéties et  des changements de décor.

Faute de moyens, Wols cesse d'être photographe. On peut considérer ses aquarelles et ses dessins comme une transcription de la misère, du désordre et de la décrépitude qu'il appréhendait aux Milles. Dans le catalogue de l'exposition L'Art en guerre (octobre 2012, Musée d'Art moderne de la ville de Paris), la toute première reproduction de Wols a pour titre Le petit bar du camp. Quinze de ses travaux furent reproduits dans le catalogue Des peintres au camp des Milles (éd. Actes-Sud, 1998). La chronologie et l'identification de ses feuillets reste difficile, Wols a perdu certains de ses travaux lors de ses multiples pérégirnations et déménagements,  il se murmure qu'un certain nombre de faux ont circulé sur le marché. Ses formats sont souvent minuscules, c'est un miracle quand on peut en réunir des fragments véritablement fiables de cette oeuvre, à la faveur d'une exposition comme celle qui se déroule au Site-Mémorial du camp des Milles du 20 septembre au 15 décembre 2013. Wols, ce sont ses propos aphoristiques, considèrait que "la dimension de la paume est sacrée""une toute petite feuille peut contenir le monde".


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Sur des feuillets de couleur bleutée et parmi des traits arachnéens, on discerne des écheveaux de signes, des griffonnages, des implosions ou bien de très sérieux jeux d'enfant : des cheminées d'usine, des vaisseaux-fantômes, des marches d'escalier, des blocs de briques, des arênes, des trapèzes volants, des prisonniers, des parachutes, des pantins, des chapeaux haut-de-forme, des verres et des bouteilles, des insectes malfaisants, des graminées, des locomotives, des bateaux échoués, des forteresses et des pont-levis. Wols capte et traduit des impulsions et des êtats voisins de l'hallucination. Ce qu'il fait surgir sous sa plume est clownesque, ludique ou bien terrifiant. Le squelette du hareng combine des formes hybrides, des arêtes et la colonne d'un poisson, des fragments de muraille et un bout d'échelle meunière. La danseuse noire, alias La Négresse, présente un décolleté sans charme qui n'arrive vraiment pas à ressembler à Joséphine Baker : peut-être, il s'agit d'un fantasme burlesque qui évoquerait les "folles" du bar Die Katakombe. Issus du fond du Sammlung Scharf-Gerstenberg du musée  de Berlin, trois dessins gouachés donnent à voir des lacis de traits et quelques taches de bleu, de jaune et d'orangé, un mélange de poulpes et de volatiles, une atmosphère qui peut faire songer simultanément à l'enfermement et à une cour de récréation.

Cassis, "le sel de la mer et le ciel"

Gréty et Wols auraient voulu quitter l'Europe. Dés qu'ils peuvent s'éloigner d'Aix-en-Provence et des Milles, ils se réfugient dans les abords du port de Cassis. Le poète néerlandais Hendrik Cramer (il sera déporté, assassiné au camp de Neuengamme en 1944) un proche du Grand Jeu et d'Arthur Adamov, figure parmi leurs rares proches amis. Commence pour leur couple une courte période d'éblouissement, de simplicité et de rémission. Wols s'en souviendra lorsqu'il rédigera en 1944 l'aphorisme 52 qui débute ainsi : "A Cassis, les pierres, les poissons : les rochers vus à la loupe / le sel de la mer et le ciel / m'ont fait oublier l'importance humaine :  m'ont invité à tourner le dos / au chaos de nos agissements / m'ont montré l'éternité / dans les petites vagues du port / qui se répètent sans se répéter. / Rien n'est explicable / nous ne connaissons qu'apparences. / Tous les amours mènent à un seul ".


Cramer et Adamov
Marseille, années 40, photo aperçue sur le site d'Ophélie Grevet. Qui les reconnaîtra ? Hendrik Cramer, Eleonore Dechartre, Arthur Adamov dont il faut relire L'homme et l'enfant.


Wols a repris ses travaux de peintre et de photographe. L'avance des troupes allemandes sur le sol français les angoisse terriblement. Jusqu'en décembre 1942, avec l'aide de Kay Boyle qui expédie des pièces de Wols dans la galerie américaine de Betty Parson, et puis avec le concours des services de l'Emergency Rescue Committee de Varian Fry, il sollicitent les visas qui lui permettraient d'aller vivre à New York. Leurs démarches échouent, l'insécurité est grande, Gréty et Wols décident fin décembre 1942 de se réfugier dans un lieu de grande tolérance et de moindre danger, le pays de Dieulefit.

Dieulefit, la médiation d'Henri-Pierre Roché

Pour mieux évoquer le séjour des Wols dans la Drôme, nous disposons des articles et des recherches de Sabrina Dubbeld qui vient de publier des extraits du journal intime de Roché conservé à la Bibliothèque de l'Université d'Austin (cf En attendant la liberté, Refuge, Art et Résistance, Allemagne-Dieulefit, 1939-1945, catalogue publié pendant l'été 2013) nous pouvons scruter les Ecrits sur l'art de Roché qui rédigea plusieurs fois des textes à propos de Wols, ( pages 257-282, éditions André Dimanche, 1998, notes et présentation de Serge Fauchereau) ainsi que la biographie Henri-Pierre Roché, l'enchanteur collectionneur de Scarlett et Philippe Reliquet (éditions Ramsay, 1999).


Gréty et Wols connurent à Dieulefit trois logements successifs. Jeanne Barnier, la secrétaire de la mairie, leur remet des cartes de ravitaillement et de faux papiers d'identité. Le troisième logement qu'ils occupent à compter de février 1944, est situé à l'écart de l'agglomération : une petite ferme qui, raconte Henri-Pierre Roché (1879-1959), donne sur "un panorama superbe", "trois petites pièces en tout et de quoi élever quelques lapins et cobayes". Roché ajoute : "Il y eut des temps durs, la lutte quotidienne pour le bois, les provisions, pour tout. Ils n'eurent presque plus rien chez eux. Mais quand on allait les voir, ils offraient le peu qui restait. Je pouvais regarder tout mon soûl, le gros paquet poussiéreux d'anciens dessins, et le paquet soigné des nouveaux dessins, pour la vingtième fois peut-être, et de plus en plus attiré. Alors Wols, encouragé par le silence, dans la fumée de l'âtre qui piquait les yeux, prenait ses partitions et jouait du Bach sur son banjo, et cela ne durait jamais assez longtemps".


Aux Milles et à Cassis, les dessins et les peintures de Wols conservaient un lien tenace avec les référents immédiats qui l'entouraient. A Dieulefit, son oeuvre devient beaucoup plus abstraite : elle annonce clairement l'art informel et le tachisme. Henri-Pierre Roché s'éprend de ce travail dont il définit les contradictions : "Il peint hideusement des choses adorables / Il peint adorablement des choses hideuses".


Roché affectionne le style de vie, les vagabondages et les curiosités de Wols. "Il aime le pinard, le tabac, une vieille bagnole rapide, ouverte au vent, une barque assez grande pour y coucher, des rectangles de papier, grands comme la main, pour dessiner, et, autour de lui, des animaux ... Son chien lui sert de bouillotte de lit, et de temps en temps d'interlocuteur"... "J'aimais de plus en plus ces petites gouaches que je voyais couler du bout de ses doigts, imprévues, évoluant sans cesse. En trois ans, je lui en achetai, une par une, cinquante, fraîches peintes". Il envisage dés septembre 1943 de rédiger une préface pour l'aider. Henri-Pierre sait que des crises peuvent survenir, son nouvel ami est épileptique. Son addiction à l'alcool est redoutablement permanente : il observe qu' "il lui arrive toujours des chutes ou des malheurs, et des brouilles avec sa femme". Ils font ensemble de grandes marches à pied - "il pouvait marcher quinze kilomètres sans ralentir un instant" - discutent à propos de Novalis, de Lautréamont, d'Edgar Poe ou bien de Lao-Tseu. En ces temps de grave pénurie, ils partagent ensemble "excellent ragoût de lapin, pipes et fromages". Wols est souvent "intéressant et gentil" "il me prêta des livres précieux et me révéla Faulkner et Sartre". En tant qu'artiste, ses intuitions et sa capacité à saisir des détails d'une grande justesse sont admirables. Par exemple, Roché note en avril 1945 : "Wols a fait deux photos de ma tête contre le creux du poirier, très très vieux lion tout près de sa mort. Je la sens venir, sans savoir sa distance".

Le 28 avril 1945, René Drouin qu'Henri-Pierre Roché a su convaincre, s'est déplacé depuis Paris pour découvrir sur place les dessins de Wols. "Il en choisit 50, bien, à peu près les mêmes que j'aurais choisis". Drouin a décidé d'accueillir dans sa galerie de la Place Vendôme une exposition de Wols. Le 5 septembre, il lui envoie une invitation télégraphiée. Dans leur biographie d'Henri-Pierre Roché, Scarlett et Philippe Reliquet racontent que "sa misère lui fait honte, à tel point qu'il refuse de prendre le train comme prévu, retarde son heure de départ : chaussé de vieux souliers rafistolés toute une nuit par Gréty, Wols consent à partir, effrayé à l'idée de voyager sans sauf-conduit".

A Paris, le succès viendra assez rapidement, Gréty et Wols quittent définitivement Dieulefit. Jean Paulhan, Jean-Paul Sartre, Joë Bousquet, Jean Dubuffet, Michel Tapié, Camille Bryen et Georges Mathieu, des collectionneurs, des peintres et des galeristes s'enthousiasment, sa notoriété s'accroît. Les difficultés demeurent grandes, la pauvreté ne l'abandonne pas. Dans plusieurs lettres, Gréta exprimera sa profonde reconnaissance envers Roché : "Votre départ a été pour moi un crève-coeur et je vous regrette chaque minute - car votre présence ici était "tout" pour Wols - il avait besoin de vous voir, absolument"... " Depuis 1939, il n'a vu qu'un seul être humain :  vous. Et pour son bien en général et son évolution, il en faudrait encore un ou deux comme vous. Vous comptez énormément pour lui, pour moi".


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Wols, photographie de Facchetti, 1950.

On connaît le douloureux épilogue de cette trop brève existence, il faut laisser la parole à Henri-Pierre Roché et puis se taire : "Wols est mort le 1 septembre 1951 à midi moins un quart. Vous savez comment. Il avait à l'hôpital 35, 5°, température d'empoisonné. Huit mois auparavant il avait été 65 jours à l'hôpital Saint-Antoine, désintoxiqué à fond et si heureux de l'être. Il ne fumait plus que deux pipes par jour. A Champigny, les derniers temps, il descendait dans son jardin dés six heures du matin. Il voulait que je me lève aussi pour voir la lumière du matin.

Il détestait le travail en série, les vêtements neufs, les mobiliers chiqués, la vie mondaine. Il s'intéressait aux opinions des humbles, il admirait leur bon sens, et celui des animaux qui devraient, disait-il, nous servir de modèles ... C'était un homme de la grande race".

Alain Paire.




En attendant la liberté, exposition franco-allemande en partenariat avec le musée des Beaux-arts de Solingen et PMH, Patrimoine, Mémoire et Histoire du pays de Dieulefit. Jusqu'au 25 août 2013, entrée gratuite, la Halle et église Saint-Pierre, Dieulefit. Dans cette exposition ouverte tous les jours de 10 h à 12 h et de 15 h 30 à 19 h, on retrouve plusieurs aquarelles de Wols. Cf. cet autre lien.

Du 20 septembre au 15 décembre 2013, en co-production avec Marseille-Provence 2013, exposition au site-Mémorial du Camp des Milles, "Hans Bellmer, Max Ernst, Ferdinand Springer et Wols". Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h. Catalogue édité par Flammarion, textes de Bernadette Caille, Alain Chouraqui, Juliette Laffon et Alain Paire.

A propos d'Henri-Pierre Roché, cf sur ce lien les colloques et les activités de l'Association Jules et Jim.

 

RELIQUET

Scarlett et Philippe Reliquet ont publié chez Ramsay en 1999 une impeccable biographie, Henri-Pierre Roché, l'enchanteur-collectionneur. Ils ont composé pour les éditions du Mamco, le récit d'une amitié sans failles, la Correspondance Marcel Duchamp - Henri-Pierre Roché (Genève, 2012). On forme le voeu, on souhaite vivement qu'ils puissent publier les échanges de correspondances entre Wols, Gréty et Roché.


 

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