Le pasteur Henri Manen : au Camp des Milles, "un Juste parmi les Nations" PDF Envoyer
Choses lues, choses vues
Samedi, 28 Septembre 2013 07:43

manuscrit pasteur manen au_fond_abime

9 août 1942, le manuscrit du Journal d'Henri Manen (archives famille Manen).

Spécialisées dans la publication des écrits du monde protestant, les éditions Ampelos d'Eric Peyrard ont publié en juillet 2013 un petit livre de première importance (60 pages, format 15 x 23 cm) "Au fond de l'abîme / Journal du Camp des Milles". Cet ouvrage rassemble des écrits du pasteur Henri Manen qui relate  plusieurs des événements survenus pendant l'été 1942 qui fut dans l'ancienne tuilerie la saison la plus tragique. Une préface très éclairante de l'historien du protestantisme et de la mémoire Philippe Joutard (1) accompagne les écrits du pasteur.


  • Fils de pasteur, Henri Manen était né le 26 avril 1900. Il fut consacré pasteur en 1925. Ses études s'effectuèrent à Nîmes et puis à Genève où il acheva sa thèse de théologie. Son épouse, Alice Bertrand, était la fille du pasteur André Numa Bertrand (1876-1946) qui, se souvient Philippe Joutard, "montra en zone occupée, dés 1940, une fermeté à toute épreuve. Il n'hésita pas à dénoncer publiquement dans sa chaire du temple de l'Oratoire, dans Paris occupé, l'obligation du port de l'étoile jaune par les juifs" (2).


Henri Manen
Un portrait du pasteur Henri Manen (photographie, droits réservés).

Des combats contre l'amnésie

Henri Manen mourut le 7 août 1975. Née en 1903, son  épouse lui survecut longtemps, jusqu'au 12 septembre 2011. Henri Manen avait pris retraite  parmi des hommes et des femmes capables de se souvenir du Refuge et de la Résistance, dans un espace qui porte le nom de La Pervenche, un vieux village des montagnes de l'Ardèche proche des châtaigniers de Saint Julien du Gua qu'on peut atteindre par les virages de la vallée de l'Auzène. L'un des derniers travaux qui l'occupèrent fut un ouvrage dont il est l'auteur en compagnie de Philippe Joutard. Son livre s'intitule "Une foi enracinée, La Pervenche". Le pasteur voulait retracer l'histoire d'une paroisse qui célébra en 1970 le 150° anniversaire de la construction de son temple. Pour  mieux faire comprendre à partir de quelle longue durée se forgent les convictions et les croyances d'une petite communauté humaine, Henri Manen et Philippe Joutard avaient recueilli et commenté des documents qui évoquaient le Temps des Camisards et des persécutions, l'implantation de l'Eglise Réformée dans les terres ardéchoises.


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L'intérieur du Temple de La Pervenche.

Henri et Alice Manen furent reconnus tardivement - le 20 mars 1986 - Justes parmi les Nations. Ce couple était remarquablement discret : il fit rarement récit de son combat et des actions de sauvetages qu'il avait su mener pendant la seconde guerre mondiale. Dans sa préface d'Au fond de l'abîme, Philippe Joutard indique que son amitié et son estime pour ce pasteur d'une immense modestie remontent à 1965 : "Nous évoquions longuement ensemble la résistance protestante cévenole du XVIII° siècle et sa tradition sur laquelle je faisais une thèse, et ce n'est que beaucoup plus tard, après 1970, qu'il a parlé du Camp des Milles et, à ma demande, de son action, alors que l'oubli menaçait de s'installer et qu'il luttait contre cette amnésie".

Des extraits dactylographiés de ce  journal d'Henri Manen circulèrent dans la communauté protestante. Ils furent traduits en allemand et publiés dans une revue  juive de New York en décembre 1942, une édtion plus complète parut à Zurich. Beaucoup plus tard, en 1990, une nouvelle publication aujourd'hui difficilement trouvable d'Au fond de l'abîme fut effectuée par un universitaire d'Aix-en-Provence auquel Philippe Joutard et Alain Chouraqui ne manquent pas de rendre hommage, le germaniste Jacques Grandjonc (1933-2000) : on lui doit l'élan premier, le travail de défrichement et d'analyse qui permit de mieux appréhender l'histoire longtemps occultée du camp des Milles. Jacques Grandjonc a souvent raconté qu'il avait eu l'honnêteté d'avouer sa totale ignorance lorsqu'il fut soudainement interpellé et informé en 1973, lors d'un colloque qui se tenait à Berlin-Est, par l'historien Karl Obermann : cet exilé politique transita pendant les années 40 par le stade de Colombes, le camp de Marolles et les Milles, avant de rejoindre New York. Vivement encouragé par son collègue qui lui demandait ce qu'il pouvait comprendre et savoir à propos des internés des Milles, Jacques Grandjonc avait constitué à partir de la Faculté des Lettres d'Aix-en-Provence un séminaire de recherches remarquablement fécond.


Jacques Grandjonc
Ici à gauche, octobre 1984 à Aix-en-Provence, Jacques Grandjonc fut aussi un proche ami du peintre et graveur Ferdinand Springer.

L'un des premiers grands résultats de l'équipe de Jacques Grandjonc fut de publier en octobre 1990 aux éditions aixoises Alinéa de Jacques et Diane Kolnikoff, avec le concours de Theresia Grundtner, un volume collectif consacré à l'internement des Allemands et des Autrichiens dans le Midi de la France. Dans Zone d'ombres 1933-1944, on découvre des textes pionniers à propos des Cahiers du Sud, de Sanary-sur-Mer et des Milles. En pages 353-375, à côté d'autres témoignages de première importance du journaliste-écrivain Hans Fraenkel et du grand rabbin Israël Salzer (1904-1990), on retrouve, contextualisée et annotée par Jacques Grandjonc, une première publication du journal d'Henri Manen.

Journal de déportation

Dans son introduction, Jacques Grandjonc évoquait la carrière d'Henri Manen. Il était pasteur à Mulhouse en 1937. Non mobilisable puisque père d'une famille de quatre enfants, Annie, Edith, Jacques et Bertrand. La guerre l'avait contraint à quitter l'Alsace en 1940. Il fut envoyé à Aix par le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Marc Boegner (1881-1970). En sus de sa paroisse aixoise - un Temple avait été improvisé dans un ancien garage blanchi à la chaux, rue des Bernardines - il avait en charge l'aumônerie protestante des écoles militaires de Saint-Cyr et de Saint-Maixent qui s'étaient repliées à Aix.

Henri Manen apprit quelques mois après son installation à Aix-en-Provence l'existence du camp des Milles où se retrouvaient regroupés une cinquantaine de protestants. Il demanda d'être nommé aumônier du Camp le 29 mars 1941. Il avait pris l'habitude de se rendre dans l'ancienne tuilerie en vélo, depuis l'appartement qu'il occupait au 14 de la rue de la République (par la suite, le domicile de sa famille se situait 7 rue Sallier). Son premier culte aux Milles fut célébré le dimanche de Pâques, le 13 avril 1941. Sa présence  et sa très grande humanité au Camp furent infiniment précieuses. Pendant plus d'un année, il fut l'une des très rares personnes qui depuis Aix-en-Provence, avaient grand souci quant au sort des internés : on disait de lui qu'il était "l'âme des Milles". Il obtint du commandant du camp une meilleure intégration des personnes dont il s'occupait : les protestants pouvaient se rendre en fin de semaine au culte du Temple d'Aix. Philippe Joutard rappelle à ce propos que parmi les internés du camp, "nombreux sont les juifs d'origine dont les familles se sont converties bien avant la montée du nazisme".


philippe_Joutard
Ancien Recteur (1989-1997),  Philippe Joutard enseigna l'Histoire dans l'Hypokhâgne du Lycée Mignet (1964-1969), à la Faculté des Lettres d'Aix-en-Provence (1969-1989) et à l'EHESS (1998-2007).

Il faut en venir à ce que révèlent fermement et lucidement les courts textes du Pasteur Henri Manen. Ils portent trace d'une sorte de foudre. En dépit de la culture et de la rhétorique de leur scripteur, homme de prêche et de réflexion, ils relèvent précisément de l'oeil du cyclone. Traces vives des événements de ce tragique été devaient être immédiatement conservées et répercutées. Pendant ces jours d'août 1942, pour que les destins des personnes que le pasteur cotôyait ne soient pas totalement engloutis, pas un jour sans quelques lignes. Il lui fallait frayer une manière d'espoir et de confiance vis-à-vis de la dignité humaine, relater précisément ce qu'il ne pouvait pas accepter. C'était pour lui un redoutable entre-deux : d'un côté, des vaincus qu'on enfermait dans les wagons à bestiaux qui conduisent à Drancy, de l'autre des policiers et des militaires français qui n'étaient pas uniquement de simples exécutants, qui furent certaines fois traversés par d'inévitables contradictions. Afin d'informer d'autres personnes ou bien des institutions, après les heures extraordinairement actives et infiniment angoissées qu'il venait de vivre au camp, Henri Manen se donnait pour tâche le soir venu, de tenter de clarifier les événements proches de l'irreprésentable qu'il avait endurés, et puis d'envoyer des messages vers l'extérieur.

Son récit commence le jeudi 6 août, avec "cette atmosphère lourde et oppressée de ce Camp privé maintenant de tout contact avec l'extérieur et gardé par des forces de police imposantes" ... Immédiatement, Manen fait part de cette situation à son supérieur, le pasteur Marc Boegner.  Sa démarche fut pleinement comprise. Le président de la Fédération protestante de France accusa réception de son courrier. Il adresse une lettre de protestation au Maréchal Pétain, précise Philippe Joutard, "à la fois sur la déportation des juifs étrangers ayant reçu le droit d'asile, mais aussi sur les conditions d'inhumanité dans lesquelles s'est faite cette déportation".

 

Les recherches d'une proche collègue et amie de Jacques Grandjonc, l'historienne Doris Obschertnitzki (3) permettent de recouper les indications du pasteur Manen et de dérouler le fil des terribles événements. L'irréparable s'était mis en place. Depuis trois jours, 170 hommes vêtus de noir, casqués et armés, avec ordre de tirer en cas de tentative d'évasion, encerclent l'ancienne tuilerie. En sus des internés que fréquentait Henri Manen, selon l'expression de Robert Mencherini, affluent aux Milles des personnes qui relèvent de "la galaxie" des autres camps de la région que l'on regroupe avec leurs femmes et enfants, auparavant placés dans des hôtels marseillais. Le Moloch nazi exige des "regroupements ethniques". L'Intendant de Police Rodellec de Porzic auprès de qui Manen sollicite rendez-vous à Marseille le 8 août est inflexible. Voici que survient la mise en application de la solution finale.


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Tapuscrit d' Au fond de l'abîme, seconde partie (archives famille Manen).

Le pasteur Henri Manen va tenter l'impossible. Il sauvera des enfants et des jeunes de moins de dix-huit ans. Il fait valoir que des personnes âgées, des femmes enceintes ainsi que des hommes qui ont servi dans l'armée peuvent être épargnés au moment du criblage. Des ordres et des contre-ordres sont malheureusement diffusés à propos de cette dernière disposition. Le lundi 10 août, "L'angoisse est à son paroxysme. Vision inoubliable du départ des enfants au-dessous de 18 ans que l'on fera partir en Amérique. Séparations atroces"...." Pas un cri, pas un geste. Mais des visages tendus qui en un instant veulent regarder pour l'éternité. Autour de moi des policiers sont blêmes". Après quoi, le pasteur parvient in extremis à sauver plusieurs adultes. Le 12 août, à 16 h "arrive un général allemand ... c'est une véritable chasse à l'homme dans le camp. Tout un groupe important d'hommes qui ne devraient pas partir est rassemblé" ...  "La nuit est venue. C'est hallucinant. J'ai chronométré : en trente secondes se décide maintenant le sort d'un homme ! Détresse, humiliation, dégoût, indignation, écoeurement - infinie tristesse. Des ruines - des vies piétinées - des taches ineffaçables - des crimes inexpiables". Une première statistique est consignée, les efforts du pasteur ne sont pas vains : "36 protestants étaient inscrits, 7 sont partis". Le pire n'est pourtant pas évité. Doris Obschertnizki note le 13 août à 8h  le "départ du deuxième convoi qui comporte 538 déportés".

Mais il ne faut pas reprendre ici tous les détails de ce livre, pas plus que les judicieuses observations de la préface de Philippe Joutard. Ce dernier énonce clairement ce qui restait latent dans les écrits inévitablement cursifs  et allusifs d'Henri Manen. Par exemple, qu'en dépit de l'horreur de ce qui est relaté, autre chose s'esquisse, l'histoire balbutie les premiers contours d'un avenir différent : "c'est à partir de récits comme celui du pasteur Manen et d'images comparables dans toute la zone occupée que l'opinion a basculé". De même, Philippe Joutard souligne tout ce qui fut calmement et obstinément mis en oeuvre par plusieurs réseaux et filières de sauvetage : "on connaît les liens du pasteur Manen avec le pasteur Donadille, réceptionnant en Cévennes les fugitifs du camp des Milles ... les cinq personnes arrachées du convoi à Lyon le sont par l'abbé Glasberg, grande figure du sauvetage chrétien".


donadille
1943, la famille du pasteur Marc Donadille, proche relais d'Henri Manen pour les actions de sauvetage.
Avec son épouse Francine, Marc Donadille (1911-1995) est "Juste parmi les nations" depuis mars 1986.

Dans la deuxième section du texte d'Henri Manen, un ton différent survient. Le pasteur a cessé de livrer chaque soir compte-rendu de sa journée. Il a quitté Aix et les Milles, il s'est caché dans les Cévennes pour quelques jours ; il reprend son récit, compose un raccourci de ce qu'il a pu éprouver entre le 13 août et le 10 septembre. "A partir du 25, nous allons pénétrer jusqu'au fond de notre malheur. C'est en effet dans la nuit du 25 au 26 que vont avoir lieu dans une grande échelle les rafles. Tout ce qui est pris par ce gigantesque coup de filet dans les villes, dans les villages et dans les fermes du Littoral, des Bouches du Rhône, du Gard, nous est amené au Camp".

Henri Manen ne peut bien évidemment pas imaginer quand et comment s'effectuera le dénouement de cette guerre. Il faudrait savoir redire ici tout ce qu'a pu synthétiser L'ère du témoin, le livre d'Annette Wievorkia : avec le récit du pasteur qui fut composé avant que la Shoah ne prenne toute son ampleur, on est confronté à un document d'exception qui ne ressemble pas aux centaines de milliers de narrations qui ont pu se constituer et se déposer, dans des modalités et des contextes foncièrement différents, pendant les récentes décennies.

L'un des instants parmi les plus inadmissibles, l'une des plus ignobles séquences survient en bas de la page 35, c'est le début de la soirée du 2 septembre. Vers 7 h, l'Intendant de Police de Marseille et son chef de cabinet - Rodelec du Prozic (4) et Robert-Stéphane Auzanneau - "sont arrivés au Camp. Ils ont estimé que le "chargement" n'était pas complet, et ont donné l'ordre de rafler à l'infirmerie, dans un dortoir d'hommes et de femmes le complément jugé indispensable. Ce fut horrible et indescriptible. Des hommes et des femmes ont été embarqués en chemise, en pyjama sans avoir eu le temps de rassembler leurs affaires".


On rappellera que les Justes parmi les Nations reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée une phrase du Talmud, "Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier". Sur une page du site du Comité français pour Yad Vashem,  les noms de cinq personnes sauvées par par Alice et Henri Manen sont indiqués : Marianne Ahfeld, Claude Spiero, 
Willi Wolfrad, Elisabeth Steinnitz et Kurt Grelling.


La bibliographie d' Au fond de l'abîme cite l'ouvrage majeur de Jacques Sémelin, Persécutions et entraides dans la France occupée, comment 75 % des juifs en France ont échappé à la mort, éd. Les Arènes-Le Seuil. 2013, ainsi que L'histoire des justes en France, de Patrick Cabanel (éd. Armand Colin, 2012). La plaquette d'Henri Manen est composée en Garamond corps 12, son éditeur rappelle que Claude Garamond fut un fondeur protestant qui apprit les bases de son métier chez un autre imprimeur protestant, Antoine Auguereau "pendu et brûlé pour hérésie en 1534". Se remémorant le couple d'Alice et Henri Manen, Alain Chouraqui conclut ainsi sa postface: "comment ne pas leur exprimer notre reconnaissance émue d'avoir montré que face aux extrémismes et aux fanatismes, il est possible d'agir au nom du vivre ensemble et des valeurs de justice, de fraternité, de tolérance et d'humanité ?".


.... Un article de Guénael Lemouée, publié dans la page aixoise de La Provence le dimanche 29 septembre 2013 complète les informations que j'ai pu recueillir. A la faveur de l'inauguration de l'exposition Bellmer, Ernst, Springer et Wols au camp des Milles, Guénael Lemouée interroge Bertrand Manen, l'un des quatre enfants d'Alice et Henri Manen. Voici plusieurs extraits de cet entretien : " Mon père s'est engagé à fond à l'époque. Certains de ses prêches du dimanche au temple de la rue des Bernardines lui ont valu plusieurs avertissements des autorités"... Cet effort de résistance à la barbarie montante "a été très dur pour mon père et ma mère, aussi bien physiquement que moralement."... "Quand je reprends le manuscrit de mon père, dont je connais parfaitement l'écriture, je peux savoir les jours où  çà été particulièrement dur, simplement à voir l'écriture plus heurtée de ses pages"...


"De cette période, Alice et Henri Manen ne dirent d'ailleurs pas grand chose à leurs proches jusque dans les années 70."A ce moment-là mon père n'a pas supporté que l'histoire des Milles tombe dans l'oubli, voire que certains tentent de la réécrire" ...  "Ce n'est pas trahir la mémoire de mes parents que de dire qu'ils ne se voyaient pas en héros. Pour eux, ils avaient juste agi normalement : si vous voyez quelqu'un tomber à terre, vous ne l'aideriez pas à se relever ? C'était çà, l'état d'esprit de mon père".

Alain Paire

Henri Manen : Au fond de l'abîme / Journal du camp des Milles. Préface de Philippe Joutard, postface d'Alain Chouraqui. Editions Ampelos, achevé d'imprimer en juillet 2013. Cf. sur ce lien le catalogue des éditions. Eric Peyrard, le responsable des éditions, envisage de publier en 2014 le recueil des sermons d'Henri Manen lors de son passage à Aix-en-Provence.

 

Ampelos a également publié Les enfants ne partiront pas / La Résistance protestante à Lyon, un livre de René Nodot qui participa au sauvetage des enfants du train de Villeurbanne dans lequel se trouvaient des internés des Milles. Cf  sur ce lien.


(1) Philippe Joutard a récemment publié aux éditions de La Découverte, Histoire et Mémoires, conflits et alliance. Ce livre est dédié à la mémoire d'Henri Manen qu'il avait rencontré au milieu des années soixante, à la faveur d'un séminaire de recherches conduit à la Faculté des Lettres d'Aix-en-Provence par le doyen Bernard Guyon : Joutard doit à l'amitié du pasteur plusieurs des intuitions qui le guidèrent lors de ses recherches du côté de La légende des camisards et de l'histoire orale. Ph. Joutard prépare actuellement un petit ouvrage qui reconstituera  la biographie d'Henri Manen, à paraître chez un éditeur gardois, les éditions Alcide. Cf. chez cet éditeurRésister, voix protestantesrecueil de textes présenté par Patrick Cabanel.


Ph. Joutard a participé avec Patrick Cabanel, Jacques Sémelin et Annette Wieviorka à l'ouvrage collectif La Montagne refuge / Accueil et sauvetage des juifs autour du Chambon-sur-Lignon (éd. Albin Michel).

On trouvera sur ce lien de l'ARES, Association de la Recherche et l'Enseignement de la Shoah, un article de Ph. Joutard à propos du Rôle des protestants français dans le sauvetage des juifs.


(2) A propos du Pasteur Bertrand et de l'Oratoire du Louvre, cf. sur ce lien un article de Patrick Cabanel.


(3) Parmi les articles de Doris Obschernitzki, cf. sa chronologie pour partie basée sur le Journal d'Henri Manen, pages 85-89, catalogue Des Peintres au camp des Milles, éd. Actes-Sud, mai 1997. A traduire, c'est l'ouvrage le plus précis et le plus complet à propos de l'histoire du Camp, son livre Letze Hoffnung-Ausreise. Die Ziegelei von Les Milles 1939-1942 , Hentrich Hentrich, Teetz, 1999.


(4) On rappellera qu'après-guerre, une instruction fut diligentée afin d'examiner le cas de Rodellec du Porzic, soumis à trois chefs d'accusation : responsabilité dans la destruction du Vieux Port, refus d'aide médicale aux internés des Milles et comportement inhumain lors des déportations. Les témoins à charge n'étaient plus de ce monde, ils avaient été conduits à Sobibor et Auschwitz. Rodellec du Porzic prétendit avoir obéi aux ordres de Vichy et de la puissance occupante. Il est libéré le 9 décembre 1945 et réintégré dans la Marine en novembre 1946, avec pleine reconnaissance de ses droits à la retraite. Il meurt le 18 février 1947, cf. l'article de Doris Obschernitzki, "L'intendant de police à Marseille, Maurice Rodellec du Porzic, et le camp des Milles" Cahiers d'études germaniques, printemps 1997, n° 32.


Abime

 

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