Mendiant

Une image de Germain Nouveau, poète et mendiant, 1851-1920.

Six chroniques de sept ou huit minutes, réalisées avec François Mouren-Provensal, des films diffusés sur la chaîne Mativi-Marseille à propos du passage des écrivains et de la littérature en région sud. En novembre 2015, un nouveau film était réalisé, grâce à Thierry Fabre pour le compte du MuCEM, à propos de "Blaise Cendrars à Ensues-la-Redonne, 1927 et à Aix-en-Provence, 1940-1947", visible chez You Tube sur ce lien. A quoi s'ajoute, produit par la Fondation Saint-John Perse d'Aix-en-Provence, depuis juin 2016 un document de douze minutes "Le retour en France de Saint-John Perse", accessible sur cet autre lien.

Sur ce lien, Antonin Artaud à Marseille. Né à Marseille en 1890, il fait de fréquents retours dans sa ville natale jusqu'en 1928. Cette chronique explore quelques-uns des lieux de sa trajectoire : son premier domicile, 15 rue des frères Carasso, le collège du Sacré Coeur de la rue Barthélemy où il effectue sa scolarité, les quais de la Joliette et l'exposition Coloniale de 1922 où il aperçoit des danseuses Balinaises. Artaud publie des textes dans deux revues implantées à Marseille, La Criée et Les Cahiers du Sud.

Sur ce lien, André Breton / Villa Air Bel. Breton fait séjour à Marseille à compter d'octobre 1940. Il rejoint l'équipe de Varian Fry et Victor Serge qui ont élu domicile à la Villa Air Bel. Il quittera le Vieux Port à bord du Capitaine Paul Lemerle, le 24 mars 1941. La Villa Air Bel a été squattée et puis détruite au début des années 80 : ses uniques vestiges, ce sont un jardin d'herbes folles et les deux piliers de la porte d'entrée. 

Le film évoque la compagne de Breton, Jacqueline Lamba et l'action de Varian Fry que Victor Serge définit comme le tout début de la Résistance en France. Des images d'archives situent le passage en décembre 1940 du Maréchal Pétain ainsi que le trajet du tramway qui permettait, depuis la gare de Noailles, de rejoindre en trente minutes la Villa Air Bel où fut inventé "le Jeu de Marseille". Sur le quai du Vieux Port, on retrouve le café du Brûleur de loups, lieu de ralliement des surréalistes et des membres de la coopérative des Croque-Fruits. Sur le bateau qui l'emmène vers la Martinique et les Etats-Unis, André Breton se lie d'amitié avec Claude Lévi-Strauss.


Sur ce lienGermain Nouveau, poète et mendiant. Pour Nouveau, tout commence et tout finit sur le versant Est de la Sainte-Victoire. Il naît à Pourrières en 1851, achève sa vie au même endroit en 1920. Entretemps ce grand vagabond s'est rendu à Saint-Jacques de Compostelle, il a traversé à pied une partie des rives de la Méditerranée. Il fut l'ami proche de Rimbaud avec lequel il partit pour Londres, on trouve son écriture dans le manuscrit des Illuminations. On l'aperçoit devant la cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence : il est devenu un mendiant, Cézanne lui donne la pièce. A la Bibliothèque Méjanes d'Aix dont il est grand utilisateur, un registre mentionne toutes ses lectures. A la fin de sa vie, il édite chez un petit imprimeur aixois huit exemplaires de son dernier recueil, Ave Maris Stella. D'autres renseignements sur ce lien.

Sur ce lien, Walter Benjamin à Marseille. Il vécut près du Vieux Port, entre août et septembre 1940, les dernières semaines de son existence. Juste avant de partir pour Port-Bou où il se donnera la mort, il est en recherche de visa pour les Etats-Unis. Le passage de Lorette qu'il a décrit dans ses textes, l'hôtel de la rue Beauvau qui fut son avant-dernier domicile, la rue Fortia proche des Cahiers du Sud, l'amitié d'Hannah Arendt, de Pierre Missac et de Jean Ballard sont évoqués. D'autres renseignements sur ce lien.

continental

Rue Beauvau, l'hôtel de Walter Benjamin pendant l'été de 1940

Sur ce lien, Simone Weil à Marseille. Elle avait quitté Paris, quelques jours avant l'arrivée des troupes allemandes. Elle se réfugie à Marseille en compagnie de ses parents. Arrivée en septembre 1940, elle obtiendra son billet de bateau et son visa en mai 1942. Trois lieux de Marseille furent favorables à ses recherches : un appartement qu'elle occupait juste en face de la Plage des Catalans, le local des Cahiers du Sud et le Couvent des Dominicains de la rue Edmond Rostand où elle allait à la rencontre du Père Joseph-Marie Perrin. D'autres renseigements sur cet autre lien.

 

catalan_Photo1

Lanza del Vasto en compagnie de Simone Weil

Sur ce lien, Chefs d'oeuvre oubliés, le couvent des Minimes et la Pietà de Pourrières. En 1965, l'artiste-peintre Jean de Gaspary découvre à faible distance du village de Pourrières, sur le versant Est de la Sainte-Victoire, les ruines d'un couvent qu'il s'emploie à restaurer : au terme de plusieurs décennies d'un travail en solitaire, sans aide ni subvention, en toute liberté, son petit monument - un cloître du XVI° siècle, la nef d'une église et des bâtiments attenants - est magnifiquement restauré. En 2014, Jean de Gaspary accomplit un second périple :grâce à son action de sensibilisation, un triptyque dont l'auteur et les commanditaires sont pour l'heure inconnus, La Pietà de Pourrières qu'on peut découvrir dans l'église du village, retrouve la lumière.

av_pont_cygne

Détail du triptyque de La Pietà de Pourrières.

Précédemment, deux expériences avaient été menées chez Mativi-Marseille, en compagnie de François Mouren-Provensal. A partir d'une exposition Hans Bellmer et les peintres inconnus du Camp des Milles, présentée dans la galerie de la rue du Puits Neuf, un autre film de huit minutes, Partis sans laisser d'adresse, sur ce lien. De même pour Une histoire de la galerie André Nègre, sur cet autre lien.

Alain Paire

Mon Compte

Mot de passe oublié ? / Identifiant oublié ?