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22 juillet 2012, décès de Gérard de Palézieux Imprimer Envoyer
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Vendredi, 27 Juillet 2012 20:50

Palézieux
                                     Paysage de neige, aquarelle de Gérard de Palézieux.

Dimanche 22 juillet 2012 à midi trente, je recevais un mail que Florian Rodari avait envoyé à plusieurs de ses amis 
"Gérard de Palézieux s'est éteint dans la nuit d'hier à aujourd'hui. Il avait pu encore très récemment visiter la nouvelle installation du Musée Jenisch et revoir son appartement de la rue du Simplon à Vevey. Mais ses forces ont cédé. Nous n'oublierons jamais l'élégance parfaite de cet impeccable artiste".

Le  faire-part de sa famille indique que Gérard de Palézieux "s'est endormi paisiblement à l'âge de 93 ans, entouré de ses proches et des bons soins du personnel soignant du foyer Saint-Joseph".  Un culte fut célébré à l'église paroissiale de Veyras, le mercredi 25 juillet à 16 h 30. La cérémonie des obsèques se déroula en présence d'une grande foule d'amis. Après avoir évoqué ses visites dans l'atelier du graveur, Florian Rodari entreprit la lecture d'un émouvant Adieu au peintre que Philippe Jaccottet adressait depuis  Grignan à son ami de longue date.

Florian Rodari s'était personnellement occupé de choisir les travaux de Palézieux qui sont insérés dans l'exposition d'Aix-en-Provence Philippe Jaccottet et les peintres. Au début de 2012, par un matin d'hiver, il avait accompagné Gérard de Palézieux depuis la chambre de sa maison de retraite de Sierre jusqu'à son domicile de Veyras. Florian m'avait raconté que la marche du peintre sur les chemins enneigés avait été difficile : sa joie était pourtant grande, Palézieux était heureux de retrouver sa maison et son atelier. Ensemble, les deux amis avaient volontiers plaisanté tout en fouillant dans les cartons pour mieux choisir les aquarelles de l'exposition.

L'amitié de Philippe Jaccottet et Gérard de Palézieux remonte à l'année 1947 : au cours d'un séjour à Paris, Palézieux avait lié connaissance avec Georges Borgeaud ainsi qu'avec Jaccottet. Pendant les années soixante, Palézieux louait une maison à Grignan : il venait séjourner pendant une partie de l'année dans la Drôme, en compagnie de sa femme Madeleine. "Les Gitans", l'un des poèmes de L'ignorant (Gallimard, 1958) est dédié à Madeleine et Gérard de Palézieux.  Avec Jaccottet, Palézieux avait publié à Lausanne en 1964 pour la Bibliothèque des Arts de François Daulte, Album de Grignan, un ouvrage de bibliophilie qui comportait douze eaux-fortes originales. D'abord publié par la Nrf en juillet 1964, le texte de l'Album de Grignan, fut titré Paysages avec figures absentes : cet intitulé devint par la suite le titre du recueil de proses qui parut en 1970 chez Gallimard (cf à ce propos les pages 61-67 du catalogue Jaccottet poète de José-Flore Tappy, Lausanne 2005).
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L'ex-voto de Pascal Verbena Imprimer Envoyer
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Samedi, 23 Juin 2012 05:25
Verbena_01
Pierre et bois de Verbena, "Je suis venu te dire..."

L'hiver 2012 fut pour Pascal Verbena l'une des plus belles dates de sa trajectoire d'artiste. Le bonheur, et puis aussi une manière de justice immanente, voulurent qu'il expose l'une de ses pièces majeures dans l'endroit le plus magique et le plus visible qu'il puisse rêver pour son oeuvre, le musée d'Art brut de Lausanne, autrefois façonné par Jean Dubuffet et Michel Thévoz. Au milieu des années quatre-vingt, le collectionneur américain Sam Farber avait acheté à Verbena une pièce de grande dimension intitulée Holocauste. Acheminée dans un container, longtemps entreposée dans un appartement de New York, cette pièce posée sur socles de plus de cinq mètres de longueur - par la taille, la plus énorme parmi toutes celles que Verbena a pu réaliser - a retraversé l'Atlantique au début de novembre 2012 : Sam Farber a décidé d'en faire donation au musée de Lausanne. 

J'ai toujours affectionné les titres que Pascal Verbena donne à ses habitacles et stèles de bois. Ils sont à la fois simples et énigmatiques : il les appelle "Le miroir perdu", "L'oiseau porteur", "Tricéphale", "Coryphée", "Gémellaires", "Le goûteur", "Gorgone", "Marabout", "Hérisman", "Echauguette", "L'ultime voyage". L'ex-voto qu'il a présenté rue du Puits Neuf en juin 2012, répercutait le choc d'une douloureuse rupture. Sur le revers de sa boîte, il est écrit en guise de titre "Je suis venu te dire ..." : il faut comprendre qu'il est question d'une séparation définitive. Au centre, on aperçoit sculpté dans la pierre le corps défait d'une silhouette de Saint Sébastien dont la morphologie pourrait évoquer la souffrance du Christ, tel qu'il apparaît dans la peinture de Jean Malouel, à Vic-le-Comte et puis au Louvre.

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31 mai, 26 juin / EX-VOTO D'AUJOURD'HUI Imprimer Envoyer
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Vendredi, 15 Juin 2012 09:25
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Les huîtres de Vonnick Caroff.

Jeudi 31 mai, à partir de 18h, soir de vernissage, autour des Ex-voto d'aujourd'hui, un travail de connivence et d'invention en compagnie de vingt-un artistes : Robert Blanc, Pierre Bramanti, Vonnick Caroff, Jean-Jacques Ceccarelli, Don Jacques Ciccolini, Odette Ducarre, Michel Houssin, Kamel Khelif, Florence Laude, Emmanuel Lacroix, Jean Lerin, Marie Morel, Myriam Paoli, Annick Pegouret, Serge Plagnol, Ron Maraval, Felipe Sabatièr, Julien Solé, Pierre Souday, Pierre Vallauri et Pascal Verbena. Jusqu'au mardi 26 juin.

Sur les murs des chapelles d'autrefois ou bien à Notre-Dame de la Garde, on aperçoit des récits et des actes de sauvegarde qui ne sont pas forcément naifs : des miracles improbables, la naissance d'un enfant, un incendie qui s'interrompt, un naufrage incroyablement évité, de soudaines guérisons, une émouvante reconnaissance vis-à-vis des Saints ou bien de la Vierge. Cette exposition d'ex-votos d'aujourd'hui affichera toutes sortes d'audaces, des bonheurs d'expression et des balbutiements, une inévitable diversité. Il y aura de la bigarrure, de la générosité et de l'heteroclite : entre autres, les sculptures en fil de fer de Myriam Paoli, les cheveux et les mains de poupée assemblés sur un socle de verre par Ron Maraval ou bien encore les assemblages de lanières et les graphismes de Julien Solé qui retracent le songe et les pérégrinations d'un visiteur de prison égyptien.

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André Nègre, galeriste et collectionneur Imprimer Envoyer
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Mardi, 05 Juin 2012 08:11
Negre
Octobre 2007, vernissage rue du Puits Neuf, André Nègre et sa compagne Nathalie Scalone.

Exposition André Nègre, galeriste et collectionneur, jusqu'au samedi 29 décembre 2012, oeuvres de Georges Bru, Jean-Jacques Ceccarelli, Henry Cousinou, Yvan Daumas, Françoise Martinelli, Christian Martin-Galtier, André Masson, Mela, Edgar Mélik, Fernand Nègre, Pablo Picasso, Louis Pons, Saint-Martin, Pascal Verbena et Jean-Marie Zazzi. Galerie ouverte du mardi au samedi de 14 h 30 à 18 h 30, au 30 de la rue du Puits-Neuf, Aix-en-Provence (près du parking Bellegarde et de la rue Mignet).

Le soir du vernissage, projection du film de Lea Torreadrado et d'Alain Louedec, André Nègre, une aventure de l'art à Marseille. Des extraits de ce DVD sont diffusés sur ce lien par Mativi/ Marseille. Cf. des images fixes de l'exposition sur ce lien du blog de Florence Laude et sur cet autre lien du blog de l'association des amis d'Edgar Mélik. Un autre montage video, des images du vernissage et des oeuvres, réalisé par Lea Torreadrado sur un troisième lien.

Pendant trois décennies, jusqu'au début des années 90, au-dessus de la librairie des Arcenaulx, le premier étage du 25 Cours d'Estienne d'Orves fut le lieu de travail et d'exposition d'André Nègre. Une fois gravi l'escalier, on découvrait des coursives et une passerelle en bois avant d'apercevoir sur la gauche les lumières de l'atelier d'encadrement à l'intérieur duquel André recevait ses amis et oeuvrait quotidiennement en compagnie de son épouse Rachel. Juste à côté, s'ouvrait une réserve qui servait d'entrepôt pour les peintures et les objets. En face sur la droite, on retrouvait l'espace où André Nègre programmait cinq ou six fois par an une nouvelle exposition : une grande pièce s'éclairait quand survenaient les visiteurs, un espace avec de grandes poutres et de vieux carrelages dont l'ambiance rappelait à quelques détails près le souvenir de l'ancien quartier des Galères.

Son père, Fernand Nègre (1899-1985) était peintre. Au début de sa carrière, après avoir suivi pendant l'après-guerre les cours de l'Ecole d'art de la Place Carli, André Nègre avait travaillé en qualité de restaurateur sous l'égide d'un proche voisin, l'expert d'art Emile Lacroix qui fut un bon connaisseur de  la peinture ancienne, un familier des oeuvres de Louis-Mathieu Verdilhan et de René Seyssaud. Parce qu'il était curieux, sensible et attentif, André Nègre entreprit de promouvoir les travaux de quelques-uns des artistes qu'il affectionnait. Son métier d'encadreur / restaurateur n'était pas toujours gratifiant : les possibilités de rencontres et la liberté dont dispose un galeriste l'incitèrent à élargir ses champs d'action.

A l'intérieur d'un marché de l'art marseillais étriqué et conservateur - "les peintres du Peano", Ambrogiani et Ferrari, détenaient une sorte de monopole - André Nègre introduisit au début des années soixante des voix nouvelles et des ferments de rebellion. La création de sa galerie s'inscrit dans le sillage de l'action novatrice d'un membre de la coopérative des Croque-Fruits, Rudi Caumont, l'homme du Four des navettes et de la galerie Solstice qui exposa Georges Braque près de l'Abbaye Saint Victor. Dans ce contexte difficile, le graveur-lithographe Jo Berto (1907-1978) qui fut un proche ami de Louis Pons avait beaucoup oeuvré : Berto réalisa souvent les maquettes et les affiches du Théatre Quotidien de Marseille, travailla pour Lurçat, Seyssaud et Priking ainsi que pour Picasso qu'il rencontra à Mougins et Vauvenargues (1). Tirée en décembre 1956 sur la presse à bras de Jo Berto dans son atelier de la rue Sainte, on apercevra dans la collection d'André Nègre une lithographie de Pablo qui silhouette en trois couleurs le profil de Jacqueline Picasso. Picasso était âgé de 75 ans lorsqu'il traça le portrait de sa compagne de 29 ans ; pendant cette fin d'année 1956, sa lithographie figura sur l'affiche d'une exposition qui se tenait à Nice, à l'occasion de la publication par Henri Matarasso d'une importante bibliographie, le premier catalogue des livres illustrés par Picasso.

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Frédéric Pajak : "Noir et blanc / Walter Benjamin". Imprimer Envoyer
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Mardi, 15 Mai 2012 04:45
Pajak_01
Desssin récent de Frédéric Pajak, série Walter Benjamin.

Parmi la quarantaine de dessins réunis jusqu'au 28 avril 2012 rue du Puits Neuf, on retrouvera des images à la fois sombres et familières, des petits formats qui surgissent au détour d'une page, dans plusieurs livres de Frédéric Pajak, L'immense solitude, Le Chagrin d'amour, J'entends des voix. Par exemple, un panoramique des usines de Turin, la cage d'escalier et l'ascenseur de l'immeuble où Primo Levi rencontre sa dernière heure, l'étrangeté d'un personnage dans un désert du Niger, Frédéric Nietzche représenté avec une poitrine recouverte de tatouages, de sombres halls de gare, les rivages de Sorrente, un portrait de Freud ou bien encore les ruines de Pompéï.

A quoi s'ajoutent, issus d'une publication fin mars 2012 dans la Revue de Belles-Lettres de Genève, dix dessins qui relèvent de la série que Frédéric Pajak publie en octobre aux éditions Noir sur Blanc, Manifeste incertain / Walter Benjamin, rêveur abîmé dans le paysage. Ces dessins à l'encre et à la plume ont pour principale origine les récits de deux voyages en bateau que Benjamin effectua en troisième classe, en 1927 ainsi qu'en avril 1932. Son navire portait le nom d'une ville de Sicile. Le Catania embarquait ses passagers à Hambourg, rejoignait Naples au terme de douze jours de croisière, après franchissement du détroit de Gibraltar ; de brèves escales permettaient de découvrir Séville, Cordoue, Barcelone et Gênes.

Walter Benjamin aimait profondément se souvenir de sa grand-mère qui fut l'un des exemples qui l'incita pour entreprendre de parcourir l'Europe de l'entre-deux guerres. Ce fut l'une de ses premières collections : il conservait les cartes postales qu'elle lui envoyait lorsqu'il était gamin, des images de ses croisières marines et de ses randonnées dans le désert à dos de chameau.

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Léon Claude Vénézia : "Passé simple : Photographies parisiennes 1960/ 1980" Imprimer Envoyer
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Samedi, 28 Avril 2012 20:03
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Du mercredi 2 mai au samedi 19 mai 2012, exposition de photographies du Paris de Léon Claude Vénézia, ouvrage paru aux éditions Parimagine.

Claude Vénézia est né en 1941, à Paris, dans le quartier de la Bastille. Il a enseigné pendant dix ans la photographie à l'Ecole supérieure d'Art d'Aix-en-Provence. Autrefois piéton des rues de Paris, il a porté son regard sur les grands bouleversements urbains des années 60 et 70 du vingtième siècle, ainsi que sur le monde ouvrier et les marges sociales. Pour présenter ses photographies, l'une des meilleures solutions était de lui donner la parole et de recopier quelques-unes des pages du livre dont il a rédigé la préface. Sur la page de garde, Claude Vénézia se définit comme un autodidacte "influencé par la littérature et le cinéma. Il pratique un genre de photographie qui tient autant du reportage que de l'autobiographie".

Plus loin, page 5, Claude Vénézia écrit : "La photographie a surgi dans ma vie comme une évidence. Je ne possédais ni l'art de la parole ni l'aisance de l'écriture, pas plus que l'habileté de la main pour dessiner le monde. Mais je savais écouter et imaginer. Sensible aux infinies variations de la lumière, j'avais des yeux pour voir. Un camarade d'armée me céda un modeste appareil 24 x 36 avec lequel je fis immédiatement des portraits. Le résutat m'enthousiasma ; j'avais découvert l'objet capable de donner forme à ce que je ressentais. Et dire le monde sans passer par la parole".

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Du 6 au 29 septembre, Peintures / Vonnick Caroff Imprimer Envoyer
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Mercredi, 28 Mars 2012 17:19

AFFICHE


Vonnick Caroff
 fut étudiante aux Beaux-Arts de Rennes, à Paris dans l'atelier de Pierre Matthey, et puis ensuite en Pologne à Cracovie. Elle vit en Bretagne ; son atelier est établi à Pont-Croix, entre Quimper et Pointe du Raz. Les thématiques de ses expositions antérieures sont chaque année différentes. Ses amis se souviennent des "Oiseaux", des "Paysages", des "Histoires courtes", du "Végétal", des "Vaches", des "Danseurs" ou bien des "Abeilles" qui déterminèrent les formes et les couleurs de ses saisons.

En 2011, Denise le Dantec s'était associée avec Vonnick Caroff pour qu'elle entreprenne une série de Roses dont les reproductions accompagnent les célébrations d'un livre publié par les éditions Apogée. Cette somptueuse série marque une pause, un palier de première importance dans son parcours. Ce parti pris pour des choses prodigieusement séduisantes, cette volonté d'étude d'un fragment du monde mobilise les capacités de concentration de l'artiste : davantage de solitude, beaucoup d'ouverture et de disponibilité sont nécessaires. Transcrire "sans pourquoi" des éclats de couleurs et des nuances n'est pas uniquement une merveilleuse histoire de délectation : cet exercice implique fidélité, enthousiasme et rectitude.

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