1994-2013, les expositions de la galerie
Peintures de Don Jacques Ciccolini, novembre 2013 Imprimer Envoyer
1994-2013, les expositions de la galerie
Mardi, 21 Janvier 2014 09:13
Don Jacques Ciccolini
Don Jacques Ciccolini, Le massif de la Sainte Victoire,  huile sur toile, 74 cm x 112 cm, 2013.

 

Il y eut tout d'abord, c'était pendant le printemps de 2010, la découverte progressive d'une peinture,  l'invitation de Michel Fraisset qui m'incita à visiter à Pertuis l'atelier de Don Jacques Ciccolini. L'exposition  réalisée en co-production avec l'Atelier Cézanne, en mars / avril 2011 est un très fort souvenir. Route de Vauvenargues, dans une ancienne bergerie, Raymond Galle et son lieu proche des Lamberts s'étaient joints à l'Atelier des Lauves et à la rue du Puits-Neuf. Ce fut l'exposition de L'Atelier du Paysage, un catalogue en garde mémoire.


Après quoi, pendant l'automne 2012, se profilèrent une douzaine de grands formats pour évoquer d'Une rive à l'autre (titre d'un vaste tableau exposé jusqu'au 21 décembre 2013 chez Arteum - musée d'art contemporain - Châteauneuf-le-rouge) un singulier vaisseau-fantôme, le passage parmi les arches et des câbles de l'ancien Pont de Pertuis, à présent remplacé par une autoroute à quatre voies. Pour ce mois de novembre 2013, plusieurs orientations et thématiques se dessinent. La falaise de Saint-Eucher est revisitée, on redécouvre les lieux de prédilection du peintre, les berges de la Durance, le Pont Mirabeau qui rejoint Manosque, des vues de la Sainte-Victoire avec un bloc entier qui pourrait tomber en contrepoint des franges bleues du barrage de Bimont, une chapelle érigée sur un promontoire, un Jour d'automne à Repentance, ou bien encore des maisons isolées dans la nuit du souvenir. Le cinq décembre 2013, pour le démarrage de l'ultime séquence de la rue du Puits-Neuf qui accueille le souvenir et les menus travaux d'Achille Emperaire, on découvrira un grand format qui associe le vieil ami de Cézanne et son portraitiste. Dans un autre contexte, Don Jacques Ciccolini disait que 

"la force de la peinture", c'est "de faire resurgir des images perdues qui nous regardent".



Don Jacques Ciccolini

Don Jacques Ciccolini, Les deux petites maisons du canal, huile sur toile, 54 cm x 73 cm, 2013.

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"Achille et Paul au Jas de Bouffan", une lettre de Don Jacques Ciccolini Imprimer Envoyer
1994-2013, les expositions de la galerie
Mercredi, 08 Janvier 2014 18:52

Don Jacques Ciccolini

Vers la fin de l'année 2012 nous avons évoqué la possibilité d'une exposition autour d'Achille Emperaire. A côté des travaux du peintre qu'il fallait rassembler, le projet de la galerie était de compléter l'hommage avec des réalisations d'artistes contemporains. Ce fut pour moi une sorte de défi. Assez nouveau et plutôt excitant. Dans ma pratique régulière de peintre, j'aborde très rarement ce grand sujet du portrait, je me concentre sur la question du paysage.


Je connaissais assez bien quelques oeuvres d'Achille Emperaire, entre autres le fameux Duel des deux mousquetaires. Pendant l'époque où j'étais étudiant à l'école des Beaux-Arts d'Aix-en-Provence, j'ai été gardien de nuit, une saison d'été au musée Granet. Je me souviens avoir écouté Louis Malbos, alors conservateur du musée, qui me racontait la vie misérable de ce peintre si peu reconnu. Le tableau que j'ai réalisé cet été est une huile sur toile. Un assez grand format, très précisément identique au portrait que Cézanne fit d'Achille, soit 2 x 1 m 22.

Avant de réaliser ce travail, il me fallait prendre en compte l'histoire de ce tableau. En 1866, Cézanne avait déjà réalisé dans le même fauteuil que celui d'Achille Emperaire un autre portrait, celui de son père. Les dimensions des deux tableaux sont pratiquement identiques, le dispositif et les couleurs sont semblables ; par contre, des enjeux bien différents singularisent ces deux oeuvres. Cézanne a peint un père sévère et distant, plongé dans la lecture de son journal "L'Evénement". On connait la relation difficile qui opposait ce père, autoritaire et bourgeois qui avait réussi dans la finance et ce fils qui voulait être artiste. Cézanne vivait sa dépendance financière comme quelque chose d'humiliant.
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Article de Philippe Dagen, dans Le Monde, dimanche 5 janvier 2014, "Achille Emperaire dans l'ombre de Cézanne" Imprimer Envoyer
1994-2013, les expositions de la galerie
Samedi, 04 Janvier 2014 16:09
Paysage d'Achille Emperaire
Achille Emperaire, Amazone dans les rochers, huile sur toile, 33, 5 cm x 26, 5 cm, collection particulière.


Dans le quotidien Le Monde, édition du dimanche 5 janvier 2014, sur ce lien,  un article de Philippe Dagen. 


emperaire dagen


 Achille Emperaire peintre, exposition jusqu'au 25 janvier 2014, à l'Atelier Cézanne, 9 avenue Paul Cézanne, Aix-en-Provence. Ouvert tous les jours sauf dimanche de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h. (tél. 04.42.21.06.53).

Catalogue Achille Emperaire peintre 1829-1898,  64 pages, disponible à l'Atelier Cézanne (prix 12 euros).

Le vendredi 17 janvier 2014, à 18 h 30, Conférence sur la vie et l'oeuvre d'Achille Emperaire par Michel Fraisset et Alain Paire dans le grand Salon de la Bastide du Jas de Bouffan, 17 route de Galice, Aix-en-Provence.

A propos d'Achille Emperaire, trois chroniques disponibles en podcast sur le site de Radio Zibeline.

10 janvier 2014, le site Le Monde.fr mentionnait l'exposition Achille Emperaire parmi les "raisons de sortir pendant ce week-end". 

 

 
Léon Claude Vénézia : "Passé simple : Photographies parisiennes 1960/ 1980" Imprimer Envoyer
1994-2013, les expositions de la galerie
Mardi, 03 Décembre 2013 20:03
Claude_Venezia_01

 

Claude Vénézia était né en 1941, à Paris, dans le quartier de la Bastille. Jeudi 28 novembre 2013, au cimetière Saint-Pierre d'Aix-en-Provence, nous étions une centaine d'amis avec lui, pour son dernier voyage. Il y avait son épouse Colombe et son fils Thibaud, des musiciens ont joué à deux reprises de l'accordéon et du violon pour redire son amour de la musique. C'était une après-midi avec un beau soleil d'hiver. Il y avait de la tristesse, de l'amitié et du recueillement, ce fut un enterrement très émouvant. Sa tombe n'est pas loin de celle de Cézanne. Je n'ai presque rien changé à l'article que j'avais mis en ligne pour son exposition de mai 2012 . J'aime beaucoup le titre qu'il lui avait donnée, "Passé simple".

 

Claude Vénézia enseigna pendant dix ans la photographie à l'Ecole supérieure d'Art d'Aix-en-Provence. Autrefois piéton des rues de Paris, il a porté son regard sur les grands bouleversements urbains des années 60 et 70 du vingtième siècle, ainsi que sur le monde ouvrier et les marges sociales. Pour présenter ses photographies, on peut lui redonner la parole et recopier quelques-unes des pages du livre Le Paris de Léon Claude Vénézia (éd. du Réverbère/ Parimagine) dont il a rédigé la préface. Sur la page de garde, Claude se définit comme un autodidacte "influencé par la littérature et le cinéma. Il pratique un genre de photographie qui tient autant du reportage que de l'autobiographie".

Plus loin, page 5, Claude Vénézia écrit : "La photographie a surgi dans ma vie comme une évidence. Je ne possédais ni l'art de la parole ni l'aisance de l'écriture, pas plus que l'habileté de la main pour dessiner le monde. Mais je savais écouter et imaginer. Sensible aux infinies variations de la lumière, j'avais des yeux pour voir. Un camarade d'armée me céda un modeste appareil 24 x 36 avec lequel je fis immédiatement des portraits. Le résutat m'enthousiasma ; j'avais découvert l'objet capable de donner forme à ce que je ressentais. Et dire le monde sans passer par la parole".

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Arteum-Châteauneuf-le-Rouge, pour tourner la page Imprimer Envoyer
1994-2013, les expositions de la galerie
Dimanche, 01 Décembre 2013 21:01

19 ans galerie alain paire

 

Pour accompagner la fermeture défintivie de la galerie fin décembre 2013, Christiane Courbon, Alain Paire et Pierre Vallauri présentent chez Arteum, musée d'art contemporain de Châteauneuf, à partir du mercredi 13 novembre ,une exposition qu'ils titrent 19 ans, galerie Alain Paire. Occasion pour rassembler des dessins, toiles, photographies et sculptures de Jean Amado, Vincent Bioulès, Jean-Pierre Blanche, Don Jacques Ciccolini, Jean-François Coadou, Yvan Daumas, Alain Fleischer, Sylvain Gérard, Georges Guye, Michel Houssin, Kamel Khélif, Florence Laude, Gabriel Laurin, Myriam Louvet-Paoli, Annick Pegouret, Serge Plagnol, Jean Pecoul, Louis Pons et Bram van Velde. D'autres indications sur ce lien du site d'Arteum.

Un catalogue de 56 pages est publié en cette occasion. La maquette de Gérard Rocherieux réunit des images des travaux de ces artistes ainsi que des témoignages de Gérard Allibert, Cyril Anton, Chris Chappey-Paire, Jacques Corrieu, Christiane Courbon, Michel Fraisset, Florence Laude, Alain Madeleine-Perdrillat, Juan Melo-Barbera, Annick Pegouret, Florian Rodari et Pierre Vallauri.

Arteum musée d'art contemporain, Le Château RN 7, 13790 Châteauneuf-le-Rouge, deuxième étage de l'Hôtel de Ville. Musée ouvert du mercredi au samedi de 14 h à 18 h. 
 
19 ans de galerie, articles dans La Provence, Zibeline papier et radio, le Courrier d'Aix, La Marseillaise, Images en tête et Aix City Local News. Imprimer Envoyer
1994-2013, les expositions de la galerie
Lundi, 18 Novembre 2013 15:04
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Photographie de Sophie Spiteri, article dans La Provence, dimanche 10 septembre.


Dans le quotidien La Provence, dimanche 10 novembre 2013, article de Guénaël Lemouée, photographie de Sophie Spiteri, à propos de l'imminente fermeture de la galerie :


alain paire
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alain Paire

Photographie de Sophie Spiteri, La Provence.

Pendant le même dimanche, Zibeline et Claude Lorin ont installé sur ce lien de leur site un article qu'on retrouve sur le support papier de leur périodique. Cet article est pour partie issu d'un entretien mené par Claude Lorin et Marc Voiry qui développe pour Zibeline un nouveau web-radio. On peut écouter l'enregistrement et le montage de cette conversation sur ce lien.


Logo.zibeline



Samedi 9 novembre, Claire Brétéché-Roubaud composait en page 2 du Courrier d'Aix l'article qui suit. Le Courrier d'Aix est un hebdomadaire que j'affectionne. Depuis plusieurs années, ce périodique me permet de publier en toute liberté, et souvent sur l'intégralité de sa dernière page de tourne, avec des photographies en couleur, des articles sur des artistes ou des personnes du Pays d'Aix : par exemple à propos de Jean Amado, de Jean Ely, d'Antoine Raybaud, de Jean Planque, de Don Jacques Ciccolini ou bien du passage de Wols et de Max Ernst au camp des Milles.

Alain Paire

 

Jeudi 14 novembre, Florence Laude / Images en tête mettait en ligne des commentaires et de nombreuses photographies sur ce lien. Sur cet autre lien, un reportage photographique de Xavier de Jauréguiberry à propos de l'inauguration de l'exposition 19 ans de galerie chez Arteum / musée d'art contemporain Châteauneuf-le-Rouge.


Dimanche 17 novembre, La Marseillaise, un article et une photographie de Sabrina Guitini. On retrouve cet article sur ce lien.

Alain Paire la_marseillaise

 

alain Paire

Photographie de Sabrina Guintini, La Marseillaise, dimanche 17 novembre. 

... "Je ne reviendrai pas rue du Puits Neuf", mais j'ai été très touché de recevoir sur la page de garde de son dernier livre L'autre visage, édité chez Le port a jauni, cette  dédicace de Kamel Khélif.


kamel Khelif 

Dessin de Kamel Khélif, soirée du 13 novembre 2013.

Le 25 novembre, parution d'un article de Julien Ginoux, "Alain Paire tourne la page", dans l'hebdomadaire Aix City Local News. Jean-Eric Ely est l'auteur de la photographie. On retrouve l'article sur ce lien du site de l'hebdomadaire.

 

alain paire

Avec trois toiles de Don Jacques Ciccolini (photographie Jean-Eric Ely).

 

19 ans de galerie, d'autres indications sur ce lien d'Arteum / Musée d'art contemporain /Châteauneuf le rouge.

Pour accompagner la fermeture définitive de la galerie fin décembre 2013, Christiane Courbon, Alain Paire et Pierre Vallauri présentent chez Arteum, musée d'art contemporain de Châteauneuf, à partir du mercredi 13 novembre, l'exposition 19 ans, galerie Alain Paire. Occasion pour rassembler des dessins, toiles, photographies et sculptures de Jean Amado, Vincent Bioulès, Jean-Pierre Blanche, Don Jacques Ciccolini, Jean-François Coadou, Yvan Daumas, Alain Fleischer, Sylvain Gérard, Georges Guye, Michel Houssin, Kamel Khélif, Florence Laude, Gabriel Laurin, Myriam Louvet-Paoli, Annick Pegouret, Serge Plagnol, Jean Pecoul, Louis Pons et Bram van Velde.


Un catalogue de 56 pages est publié en cette occasion. La maquette de Gérard Rocherieux réunit des images des travaux de ces artistes ainsi que des témoignages de Gérard Allibert, Cyril Anton, Chris Chappey-Paire, Jacques Corrieu, Christiane Courbon, Michel Fraisset, Florence Laude, Alain Madeleine-Perdrillat, Juan Melo-Barbera, Annick Pegouret, Florian Rodari et Pierre Vallauri.

Arteum musée d'art contemporain, Le Château RN 7, 13790 Châteauneuf-le-Rouge, deuxième étage de l'Hôtel de Ville. Musée ouvert du mercredi au samedi de 14 h à 18 h. Vernissage mercredi 13 novembre à partir de 18 h 30.

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19 ans de galerie, le témoignage de Florian Rodari Imprimer Envoyer
1994-2013, les expositions de la galerie
Mardi, 29 Octobre 2013 07:42
Bram van Velde
Bram van Velde, Composition, 1970, lavis d'encre de Chine. Coll. part. (photo Alberto Ricci, Paris). Ce lavis figurait en juin-juillet 2013, rue du Puits Neuf lors de l'exposition Surgis de l'ombre, imaginée par Florian Rodari.

 

En cherchant à mieux définir l’impression que j’ai ressentie toutes les fois que je me suis rendu chez Alain Paire, dans cette rue solitaire étrangement nommée du Puits-Neuf, sorte de poche secrète cousue dans ce costume d’Arlequin que constitue à mes yeux la ville d’Aix, avec ses quartiers si différents et pourtant rattachés à la même toile, j’en suis peu à peu venu à m’interroger sur le sens et la provenance de ce mot, étrange si l’on y songe, de « galerie »…

A la galerie, justement, moins dirigée que conduite par Alain Paire, je m’y rendais le plus souvent à la tombée du jour, délivré du poids des responsabilités professionnelles et, surtout, sûr d’y trouver à la fois de l’amitié et quelque nouveauté à voir ou à apprendre. J’y marchais donc toujours d’un pas leste, comme vers un lieu de fraîcheur, aéré. Une fois la longue rue Mignet remontée, je tournais à gauche pour m’enfoncer dans une sorte d’étroit passage coudé, désert, puits, c’est bien vrai, mais que baignait toujours une lumière vive. Galerie, me dit-on, vient de galilea, mot issu du latin médiéval signifiant un porche devant l’église où l’on s’emploie à convertir les Gentils. Je n’irai pas jusque à prétendre qu’Alain ait eu la vocation d’un évangélisateur, mais voici bientôt vingt ans que ce courageux opiniâtre s’emploie à tenter de convertir ses concitoyens à l’art et à la littérature et qu’il souhaite faire connaître l’histoire secrète ou oubliée d’une région qui a depuis des siècles fasciné les amateurs de beauté – qu’elle soit de nature ou produite par le génie humain. Alors, plutôt qu’au prosélytisme religieux, c’est au travail du mineur de fond - toutes proportions gardées, évitons les excés de langage - qu’il faut comparer l’extraordinaire effort consenti par Alain Paire pendant toutes ces années à la recherche de filons enfouis, voire à la découverte de pépites. Cent trente-cinq expositions en vingt ans, faites le calcul : on n’est pas loin de sept par année. Peu d’institutions, pourtant nettement mieux dotées que celle-ci, se risquent à organiser autant d’événements au cours de la saison… Mais ce que je trouve remarquable dans cette aventure, c’est qu’Alain s’est durant tout ce temps inlassablement mis au service des artistes – quels qu’ils soient, écrivains, peintres, sculpteurs, graveurs ou photographes – avec une inépuisable disponibilité, sans jamais chercher à se mettre en avant lui-même ; se rendant au contraire attentif à toutes les occasions qui se présentaient, qu’elle fussent urgentes ou, au contraire, offertes aux incertitudes de l’utopie. Plus méritoire encore, Alain Paire n’est pas nécessairement allé chercher ailleurs, dans les capitales ou à l’étranger, les œuvres qu’il souhaitait faire connaître. Habitant Aix-en-Provence, aimant cette ville où il s’est installé à partir de 1968, il en a cultivé les secrets au point de la connaître souvent mieux que la plupart des gens nés sur place et d’en parler avec une passion jamais éteinte, même s’il lui arrivait de maugréer contre l’ignorance de ses concitoyens (mais semblable déconvenue arrive à tous les amoureux).

Alain Paire n’a jamais cédé aux mauvaises habitudes de la profession, qui se précipite trop souvent sur ce qui est déjà connu et célèbre, et il n’a eu de cesse de favoriser la production locale, qui avait grandement besoin d’un homme de sa trempe. Assidu au front de taille, ce remarquable écrivain et chroniqueur de la vie aixoise sut ainsi encourager, au gré de ses expositions, des colloques ou des articles qui les accompagnaient, des talents encore ignorés et réparer de trop nombreux oublis.

Du courage, il en fallait en effet: ses galeries, rue des Marseillais d’abord, puis rue du Puits-Neuf, étaient de poche. Minuscule mais bien située quant à la première, on s’y arrêtait au passage pour bavarder un instant, feuilleter un livre, découvrir quelques aquarelles ou photographies ; dans la seconde, plus spacieuse – cependant rien à voir avec ce que l’on arpente sous ce nom à Paris ou à Londres – et très retirée, comme on l’a vu, la clientèle se faisait plutôt rare, en dehors des vernissages. Pourtant les choix du galeriste ne se limitaient pas aux seuls artistes de son entourage immédiat. Il accueillit aussi des « noms », comme l’on aime à dire, Max Ernst, Bram van Velde, Pierre Alechinsky, Pierre Tal-Coat ou les photographes Willy Ronis et Bernard Plossu – ce dernier bien avant que le musée de la ville ne l’expose. Il invita à plusieurs occasions le poète Philippe Jaccottet rue du Puits-Neuf ou à la Bibliothèque Méjanes, pour des lectures ; il fut l’un des créateurs du remarquable marché des livres qui se tient désormais une fois par mois, place de l’Hôtel-de-Ville ; il collabora, en les suggérant ou en les préparant activement, à des expositions de l’Atelier Cézanne, de la Maison aixoise des Sciences de l’Homme, de la Fondation Saint-John Perse, et récemment encore assura une grande part du commissariat d’une exposition Ernst-Bellmer-Springer au Site-Mémorial du Camp des Milles.

Alain Paire poursuit aujourd’hui ces nombreuses activités en nourrissant et en entretenant un passionnant site internet www.galerie-alain-paire.com d’où il extrait sans relâche de nouvelles pépites. Pour autant cet étonnant réalisateur n’est pas un homme de cabinet : à chaque occasion donnée, il sort à l’air libre et se rend en curieux aux expositions, sur les chantiers de restauration, dans les églises où l’on exhume de nouvelles œuvres, au musée, visite les ateliers des artistes, interroge les témoins du passé, va écouter les conférences et participe aux débats aussi souvent que la vie culturelle est en jeu. Non content de sa carrière hebdomadaire, les dimanches, pour se détendre, il se précipite sur sa bécane pour faire le tour de la Sainte-Victoire, ou sillonne en explorateur les chemins secrets de la campagne aixoise.


Alain fermera sa galerie en décembre. On le déplore, mais on ne doute pas qu’il saura réinventer son avenir, à la fois riche et à sa mesure. Qu’il prospectera d’autres accès au savoir. Tout cela était mené depuis longtemps pour le seul plaisir de l’esprit sans que jamais un soutien n’ait été apporté qui fût à la juste mesure des efforts engagés par l’historien pour faire rayonner le passé ou le présent de sa ville. En creusant ainsi des voies étroites, exigeantes, peu rentables, Paire ne se facilitait pas la tâche. Le public cultive les success stories, les officiels sont indifférents à tout ce qui n’offre pas de retombée politique immédiate. Ainsi l’aide culturelle va-t-elle volontiers au prestige de vitrine, à la fanfare de rue, rarement au sérieux ou à l’assiduité. Parce que quelques galeries sont devenues des entreprises hautement lucratives, on en déduit que ce métier porte celui qui l’exerce aux sommets de la richesse. Ce n’est bien entendu pas le cas ici, et la fatigue, on le comprend, avec le temps et les situations trop souvent précaires, est venue. C’est infiniment regrettable : des lieux de cette sorte, puits de lumière ou galerie patiemment creusée dans la roche, sont nécessaires à la vie de la cité, ils sont d’ardents foyers de rencontres dont l’abandon est nuisible à la survie de l’esprit.

Florian Rodari, Londres, le 9 octobre 2013.


On trouvera dans le site de la galerie plusieurs articles à propos de F. Rodari. Un article biographique sur ce lien, Florian Rodari, la Revue des Belles-Lettres, les éditions de La Dogana, la Fondation Jean Planque. Un entretien à propos de Jean Planque hier et aujourd'hui, sur ce lien : sur cet autre lien, un article d'Alain Madeleine-Perdrillat, "La collection Jean Planque, petit éloge d'un accrochage".

 

Philippe Jaccottet et Florian Rodari

Rue du Puits neuf, novembre 2008, Philippe Jaccottet et Florian Rodari : exposition d'aquarelles d'Anne-Marie Jaccottet présentées lors de la publication d'une monographie  des éditions de La Dogana, Arbres, chemins, fleurs et fruits.

19 ans de galerie 

Pour accompagner la fermeture définitive de la galerie fin décembre 2013, Christiane Courbon, Alain Paire et Pierre Vallauri présentent chez Arteum, musée d'art contemporain de Châteauneuf, à partir du mercredi 13 novembre, l'exposition 19 ans, galerie Alain Paire. Occasion pour rassembler des dessins, toiles, photographies et sculptures de Jean Amado, Vincent Bioulès, Jean-Pierre Blanche, Don Jacques Ciccolini, Jean-François Coadou, Yvan Daumas, Alain Fleischer, Sylvain Gérard, Georges Guye, Michel Houssin, Kamel Khélif, Florence Laude, Gabriel Laurin, Myriam Louvet-Paoli, Annick Pegouret, Serge Plagnol, Jean Pecoul, Louis Pons et Bram van Velde.


Un catalogue de 56 pages est publié en cette occasion. La maquette de Gérard Rocherieux réunit des images des travaux de ces artistes ainsi que des témoignages de Gérard Allibert, Cyril Anton, Chris Chappey-Paire, Jacques Corrieu, Christiane Courbon, Michel Fraisset, Florence Laude, Alain Madeleine-Perdrillat, Juan Melo-Barbera, Annick Pegouret, Florian Rodari et Pierre Vallauri.

Arteum musée d'art contemporain, Le Château RN 7, 13790 Châteauneuf-le-Rouge, deuxième étage de l'Hôtel de Ville. Musée ouvert du mercredi au samedi de 14 h à 18 h. Vernissage mercredi 13 novembre à partir de 18 h 30.


 
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