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Deux visiteurs pour "Jaccottet et les peintres" Imprimer Envoyer
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Jeudi, 21 Juillet 2011 09:37

placard garache
                      Un poème d'A la lumière d'hiver, placard de Claude Garache.

Cela fait maintenant plus de trente ans que nous regardons des aquarelles, des pastels et des huiles sur papier d’Anne-Marie Jaccottet. Cette joie de peindre, et d’abord de boire la lumière du monde, nous l’avons retrouvée intacte, après tant d’années, dans l'exposition
Philippe Jaccottet et les peintres.

Le principe de cette exposition est le plus simple et le plus limpide : l’amitié. Amitié entre la poésie et la peinture. Amitié entre un poète et ses compagnons peintres. A commencer par la plus proche dans la vie.

La simplicité et l’authenticité du lieu correspondent parfaitement à cet esprit. Sur les cimaises, une constellation de dessins et peintures témoignent des liens profonds qu’entretient l’œuvre poétique de Jaccottet avec les paysages, natures mortes et diverses figures du monde, saisis par la sensibilité fine des quelques amis fidèles. Il s’est agi, à chaque fois, de dire la singularité d’un lieu, d’un arbre, d’un fruit, la fragilité de leur lumière et la poésie de l’instant, rendu à la durée de l’œuvre.

En entrant nous sommes immédiatement requis par un ensemble très heureusement construit d’aquarelles récentes d’Anne-Marie Jaccottet. Leur éclat, leur fraîcheur, leur spontanéité méditée, l’accord entre le gris léger du trait et les taches harmonieuses des rouges, oranges, verts, bruns violets, de quelques fruits, la transparence d’une coupe, l’air entre des branches à peine esquissées, tout cela émeut, vibre à l’unisson, ou presque tremble dans la blancheur du papier. Juste à droite, sur un autre mur, comme en écho aux aquarelles d’Anne-Marie, le rouge vif d’une lithographie de Claude Garache fait résonner le poème de Jaccottet et c’est une autre vibration qui s’instaure entre les deux corps et l’écriture manuscrite du poète.

Sur la grande lithographie de Claude Garache apparaissent deux silhouettes féminines, vues en contre-jour et disposées l'une au dessus de l'autre, en suspens dans la page blanche. La fine écriture penchée de Jaccottet les traverse depuis le haut de l'estampe et cette surimpression donne un bougé aux formes charnelles, accroissant leur étendue. Elle crée une sorte de dédoublement dans le regard par l'alternance du lire et du voir. Et le rouge ardent si particulier à l'oeuvre de Claude Garache rayonne ici sous le gris du poème dans un corps à corps subtil de lumière et d'humanité. Si vraiment l'encre du poème est de l'ombre, on voit ici qu'elle est une ombre bénéfique.

A gauche des aquarelles d’Anne-Marie Jaccottet, quatre dessins à la plume et à l’encre de Jean-Claude Hesselbarth, dessinent des ponctuations noires griffées de lumière. Leur structure rigide affirme une singularité à côté des rondeurs aquarellées des fruits.
 

Hollan expo
                                 Alexandre Hollan, août 2012, passage rue du Puits Neuf.

Si l’on se retourne alors sur le mur opposé, un autre noir entre en dialogue avec ces stries, il s’agit des profondeurs obscures d’un arbre d’Alexandre Hollan. Puis à sa droite, deux aquarelles de natures mortes, grisées de nuances, placées là comme en écho aux transparences de celles de Palézieux. Ces dernières évoquent la neige, l’eau, la montagne, l’habitat fondu dans une brume de lumière, elles sont magnifiques de précision et de sûreté du geste. L’hiver "lucide"répond ici avec bonheur aux fruits gorgés d’été d’Anne-Marie Jaccottet, et c’est bien toujours un "art serein" qui est à l’œuvre

Entre Palézieux et Hollan, on peut voir deux paysages de Nasser Assar, combe d’arbres et de verts, végétation au creux de la montagne juste suggérée, dessinant un passage vers des profondeurs inaccessibles et désirables. A ses côtés, une lithographie de Giacometti, qui accompagne les jours de Philippe Jaccottet, Montagne à Maloja (1957), par un lacis de traits, suggère à la fois la distance et la vision globale du lieu, donnant sa présence infinie.

A noter aussi deux peintures quasi impressionnistes de François de Asis et deux autres peintures abstraites plus récentes, sortes de tressage de touches colorées. Placées à côté des dessins de Jean-Claude Hesselbarth, ces créations s’opposent et se questionnent dans la connivence secrète de l’amitié.

Pour que le paysage de l'amitié soit un peu plus complet, on aurait aimé trouver ici quelques dessins de l'ami de toujours, Jean Eicher auquel Philippe Jaccottet a consacré un texte admirable dans un livre publié en 1986 chez Payot, Jean Eicher dit l'oiseau : l'oeuvre retrouvée. Plus loin dans le temps, il aurait fallu retrouver des œuvres de Lélo Fiaux dont on sait si peu de choses en France, et qui ont à coup sûr formé le regard du jeune Jaccottet.

La particularité de cette exposition Philippe Jaccottet et les peintres, outre les qualités intrinsèques des œuvres, est de rendre concret et visible le paysage de ses amitiés entrelacées. Est donnée à voir une forme visible de consentement de l’artiste à se faire humble devant la lumière du monde. Et cette orientation, cette discipline de rigueur attentive constitue le lien le plus profond entre les œuvres présentées. Une communion avec l’univers à travers ses saisons.

Louons la présentation simple et juste, qui donne une image sensible de toute une vie d’un regard attentif. Il est très heureux qu’après la publication récente du livre de Sébastien Labrusse, une telle halte de fraîcheur et de lumière ait été offerte aux voyageurs de l’été.

Marie Alloy et Jean Pierre Vidal, 21 juillet 2012.

L'exposition "Philippe Jaccottet et les peintres" s'achève jeudi 26 juillet. Ouvert du mardi au samedi de 14 h 30 à 18 h 30.



Marie Alloy est d'abord peintre, mais aussi graveur et éditeur. Elle est née en 1951 à Hénin-Beaumont. En 1993, elle crée sa maison d'édition, Le Silence qui roule où elle entame un dialogue avec des poètes dans des livres d'artiste. Ses gravures accompagnent des textes et poèmes inédits d'Eugène Guillevic, Pierre Dhainaut, Dominique Sampiero, Antoine Emaz, Jacques Lèbre, Abdellatif Laabi, et quelques autres comme par exemple, dans un ouvrage collectif, Bernard Noël et Bernard Vargaftig. Ses gravures ou bien ses textes sont également publiés chez d'autres éditeurs comme Deyrolle, L'Amourier (avec Alain Freixe), Wigwam, La Feugraie, Cadex, Voix d'encre, Unes et Farrago, ainsi que dans des revues comme Théodore Balmoral, RehautsScherzo, Thauma... Marie Alloy est la compagne de Jean Pierre Vidal. On peut voir son travail, gravures, peintures et livres, à la galerie Lettres et images, passage Vivienne, Paris 3ème. Dernier ouvrage publié : Même la nuit, la nuit surtout, poème de Pierre Dhainaut. A paraître : Corot, « Une route près d’Arras », éd. Invenit.

 

 

Jean Pierre Vidal est né en 1952 à Alger.  Il a publié chez Payot en 1989 un ouvrage qui regroupe des pages retrouvées, des inédits, des entretiens et un dossier critique autour de Philippe Jaccottet. Il a aussi édité plusieurs ouvrages critiques de Philippe Jaccottet : Une Transaction secrète et  Ecrits pour papier journal, chroniques 1951-1970 (Gallimard, 1987 et 1993), et, au Temps qu’il fait, Tout n’est pas dit (1993). Il a dirigé, en collaboration avec André Ughetto, le numéro spécial de la revue Sud consacré au poète de Grignan (Alentour de Philippe Jaccottet, 1988), et a collaboré à de nombreuses revues (Aires, Théodore Balmoral, Ecriture, Nouvelle Revue française,  Recueil, etc.).

Deux recueils de notes aux éditions Le Temps qu'il fait de Georges Monti : Feu d'épines, 1993. La fin de l'attente, 1995. Aux éditions Les pas perdus, en 2003, Vie sans origine, poèmes, avec des estampes de Marie Alloy, et plus récemment, aux Editions Le Silence qui roule, Thanks et Gravier du songe.

 

 

 
Isabelle et Nasser Assar : l'amitié des Jaccottet Imprimer Envoyer
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Vendredi, 01 Juillet 2011 23:09
Nasser_Assar_01
Nasser Assar, l'atelier à Paris, 2002 (photographie de Michel N'Guyen).

Au printemps 2009, à l'occasion de la parution d'un catalogue publié par la galerie Christophe Gaillard, Rémi Labrusse avait établi une solide biographie de Nasser Assar. Nasser avait répondu à ses questions : il avait par exemple précisé que sa toute première rencontre avec Anne-Marie et Philippe Jaccottet survint pendant l'hiver de 1976, à l'occasion d'une exposition programmée à Marseille par Jean-Luc Sarré, dans les espaces de la Librairie La Touriale. Les Jaccottet venaient de Grignan ; les Assar avaient pour leur part pris l'habitude de quitter leur appartement parisien de la rue de La Fontaine pour vivre dans le Sud pendant l'automne et l'hiver. Grâce à leur ami Patrick Waldberg qui les avait guidés, Isabelle et Nasser Assar trouvaient à cette époque hébergement et atelier provisoire parmi les hauteurs de Fayence, dans l'arrière-pays de Grasse.

Comme le rappelle Rémi Labrusse, ce fut avec Anne-Marie et Philippe Jaccottet "le début d'une intense amitié, qui se poursuivit entre Paris et la Provence". Dans un autre texte de ce catalogue où il est question d'écrivains ou bien de philosophes qui ont marqué la réflexion de Nasser Assar - Henry Corbin, Yves Bonnefoy, Christian Jambet - Rémi Labrusse cite une lettre que Nasser Assar lui avait adressée le 14 février 2009. Parlant de Philippe Jaccottet, Nasser écrivait qu'"il est de ces êtres dont vous nourrissent la présence et la fréquentation ... ses livres sont de ceux que j'ai toujours à portée de mains".

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Nasser Assar, la beauté comme une offrande Imprimer Envoyer
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Mercredi, 29 Juin 2011 05:39
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Aquarelle de Nasser Assar, 65 x 55 cm, 2007., photographie de M.N'Guyen.
J’ai devant moi, devant la table de salle à manger, sur laquelle j’écris ces mots, une aquarelle de Nasser, posée sur un meuble comme une icône, et devant laquelle je médite chaque jour, et c’est de la paix, du silence qu’elle m’offre, non des mots. Et chaque matin elle me fait penser au temps où nous nous rendions chaque année avec mon épouse, à l’automne ou au printemps dans ce cabanon au sud du Ventoux, au pied de Notre-Dame-des-Anges, où Isabelle et Nasser savaient si bien nous recevoir. J’aimais là-bas méditer le matin auprès de Nasser dans le jardin, et souvent avant que le jour se lève. Et c’était sans rien nous dire, osant à peine chuchoter parfois le nom de Plotin, que nous regardions chaque feuille, chaque herbe accueillir doucement la lumière et bientôt comme prendre feu.

Tout près de là Nasser se rendait chaque jour devant les mêmes bosquets d’arbres au pied de la même colline, dans ce qu’on appelait son « atelier », pour recueillir sur ses feuilles, le plus souvent au format « raisin », ce que ces buissons allaient lui offrir de couleurs ce jour-là et dont il allait à son tour nous faire présent dans ses aquarelles. Et à chacun de ces passages annuels ou bi-annuels, nous avions droit, dans une sorte de cérémonie rituelle, à une présentation du travail de son séjour, en présence parfois d’autres de ses amis, comme Philippe et Anne-Marie Jaccottet ou Alain Madeleine-Perdrillat. Quand c’était à l’automne, il y avait déjà du jaune dans les feuilles comme si, nourries du rayon jaune et doux de l’arrière-saison, elles annonçaient déjà que là-haut sur le Ventoux, il y aurait bientôt de la neige, qu’il serait bientôt temps de rentrer à Paris, pour achever, seulement par le souvenir ce qui pouvait  être resté à l’état d’ébauche, dans des jours trop courts et déjà presque froids.
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Jean-Claude Hesselbarth, quatre dessins à la plume, une préface de Jaccottet Imprimer Envoyer
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Mardi, 28 Juin 2011 13:19
Hesselbarth_01

Jean-Claude Hesselbarth est "l'un des deux plus anciens amis" de Philippe Jaccottet. Publiée par Josée-Flore Tappy dans l'avant-dernière page d'un catalogue Jaccottet poète (Lausanne, 2005) une image qui fut composée en 1934 les associe : on aperçoit leurs silhouettes sur une photographie de fin d'année de classe primaire, ils ne sont pas encore rentrés au Collège de Lausanne. Voici peu, alors que je faisais sa connaissance, Jean-Claude Hesselbarth m'expliquait que Philippe Jaccottet était presque toujours le premier de sa classe : il remportait les prix d'excellence, les notes d'Hesselbarth étaient beaucoup moins satisfaisantes.

Ces deux personnages se sont rarement perdus de vue : après l'école primaire, ils se sont retrouvés lorsqu'Anne-Marie Jaccottet fut avec quelques années d'écart étudiante dans la même Ecole de Beaux Arts qu'Hesselbarth. Après avoir longtemps séjourné plus au loin dans la campagne drômoise, Jean-Claude Hesselbarth et sa femme Liliane Annen se sont rapprochés d'Anne-Marie et Philippe Jaccottet : ils habitent à présent dans l'intra-muros du village de Grignan, leur maison est à quelques dizaines de mètres de celle des Jaccottet.

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Philippe Jaccottet en compagnie des peintres Imprimer Envoyer
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Lundi, 27 Juin 2011 05:35

jaccottet_couv_premiere

Jusqu'au 26 juillet 2012, l'exposition Philippe Jaccottet et les peintres réunira des travaux -  peintures, dessins et aquarelles - de François de Asis, Nasser Assar, Claude Garache, Alberto Giacometti, Jean-Claude Hesselbarth, Alexandre Hollan, Anne-Marie Jaccottet et Gérard de Palézieux. En écho à la parution du livre de Sébastien Labrusse publié par les éditions de La TransparenceAu coeur des apparences / Poésie et peinture selon Philippe Jaccottet est précédé par un entretien d'une vingtaine de pages, réalisé avec Jaccottet en juillet 2011, En compagnie des peintres.

Sébastien Labrusse a consacré une part de son travail à l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, dont il a publié aux éditions de La Transparence une édition critique du Lévite d’Éphraïm. Il a publié des poèmes et des proses dans les revues L’Instant d’aprèsRehautsLe Nouveau recueil. Dans le cahier 14 du Temps qu'il fait consacré à Philippe Jaccottet, préparé par Patrick Née et Jérôme Thelot (2001), une première étude, L'épreuve de la joie.

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Jusqu'au 25 juin, dessins de Serge Plagnol. Imprimer Envoyer
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Dimanche, 05 Juin 2011 15:40
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"La musique des branches", huile, fusain et pigments sur toile, format 80 x 100 cm, 2009.

Vendredi 10 juin 2011, à 18 h, deuxième vernissage de Serge Plagnol, présentation des dessins (formats 107 x 85 cm et 65 x 50 cm). L'exposition est programmée jusqu'au samedi 25 juin. 

A 20 h, ce vendredi 10 juin 2011, au premier étage de la Brasserie de la Mairie, place de l'Hôtel de Ville, Aix-en-Provence, rencontre et débat avec Serge Plagnol, Pierre Paliard et Jean Klepal. 

Simultanément, jusqu'à fin juin, quatre toiles de Plagnol sont présentées à la Brasserie de la Mairie, (brasserie ouverte tous les jours de 9 h à 22 h). 

Serge Plagnol est né le 12 janvier 1951 à Toulon. Parallèlement à sa pratique de la peinture, il a enseigné aux Beaux-Arts de Toulon, à l'Université de Provence I Arts Plastiques ainsi qu'à l'Ecole nationale d'Architecture de Luminy. Depuis dix ans, il poursuit son enseignement à l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nîmes dirigée par le peintre Dominique Gutherz. 

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Automne 1939, Walter Benjamin, dans un camp proche de Nevers Imprimer Envoyer
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Mercredi, 18 Mai 2011 09:39
Embarquement_01
Ceci n'est pas une illustration ... Frédéric Pajak en mars-avril,
rue du Puits Neuf exposition Noir et Blanc / Walter Benjamin.

Septembre 1939, la seconde guerre mondiale est déclarée. A Paris, des affiches dans les rues, des placards dans les journaux font savoir aux ressortissants étrangers, principalement aux exilés allemands et autrichiens venus chercher refuge dans "la patrie des droits de l'homme", qu'ils doivent se rendre dans des camps de "rassemblement".

Walter Benjamin quitte la chambre du 10 de la rue Dombasle qu'il sous-loue à son vieil ami le Docteur Fraënkel. Il ramasse des vivres et des vêtements, bourre une petite valise avec des papiers et des manuscrits personnels. La République française n'a pas répondu à ses démarches, les demandes de naturalisation qu'il effectue depuis plusieurs années sont inefficaces. Il n'est plus allemand, le régime hitlérien l'a déchu de sa nationalité d'origine. Il fait partie des éventuels "ennemis de la République" que l'administration prétend pouvoir identifier. En compagnie d'antinazis qui ont quitté comme lui l'Allemagne, au moins depuis 1933, Benjamin se rend le 4 septembre au stade de Colombes ; les conditions d'hébergement vont se révéler humiliantes et anxiogènes pour sa santé, depuis longtemps fléchissante.

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