Philippe Jaccottet / Alberto Giacometti

  • Écrit par Paire alain
  • Affichages : 12342

La Montagne à Majola, lithographie de Giacometti, 1957

Montagne à Maloja, lithographie de Giacometti, 1957

Giorgio Morandi ou bien Anne-Marie Jaccottet, dans une moindre mesure Gérard de Palézieux, sont sans doute les artistes sur lesquels Philippe Jaccottet a le plus volontiers médité et écrit. Parmi ses plus vives admirations, une place singulière est réservée à Alberto Giacometti.

Philippe Jaccottet écrivit tardivement à son propos, ses Notes Giacometti sont parues à l'occasion d'une commande, elles auraient pu ne jamais être composées : une exposition à propos de l'oeuvre gravé d'Alberto Giacometti se déroulait dans la proximité de Grignan, au château des Adhémar, du 16 juin au 30 septembre 2001. La parution de ce catalogue posthume ne peut évidemment pas effacer un épisode du début des années soixante pendant lequel Jaccottet entreprenait de traduireLes Solitudes de Gongora : chez Maeght, il fut pendant plusieurs mois fortement question que des gravures de Giacometti puissent accompagner la publication en tirage limité de cette traduction. La mauvaise santé d'Alberto Giacometti et quelques autres difficultés empêchèrent la réalisation de ce projet.

Les Notes Giacometti s'ouvrent sur l'évocation de la première grande exposition de la galerie Maeght, avenue de Messine, à Paris :"Je n'ai jamais oublié, moi qui oublie tant de choses, l'exposition de la galerie Maeght par laquelle Giacometti fit sa réapparition dans le monde de l'art, en 1951, après de longues années de travail acharné, mais demeuré caché : un saisissement, immédiat .... ". Lorsque cette exposition fut programmée, Giacometti venait d'avoir cinquante ans, Philippe Jaccottet en comptait vingt-six.

Dans l'entretien avec Philippe Jaccottet publié par Sébastien Labrusse, Alberto Giacometti est désigné comme la rencontre la plus importante sur le plan des arts plastiques, pendant les années vécues à Paris, entre 1946 et 1953. Jaccottet travaillait dans la capitale pour l'éditeur Henry-Louis Mermod:"Sa femme, Annette était ma cousine germaine, et elle avait été une amie d'enfance. Giacometti m'impressionnait beaucoup. Je suis allé le voir une première fois avec Mermod qui voulait lui acheter des dessins ; mais j'entends encore Giacometti lui répondre assez sèchement : "Vous ne m'intéressez pas !". Cependant je l'ai revu ensuite deux ou trois fois, grâce à mes liens avec Annette. Il me fascinait ... Bien qu'intimidant, il me touchait, car il pouvait dire des choses tellement humaines, en dehors de ses propos sur la sculpture. C'était quelqu'un vraiment pour qui on ne pouvait que sentir de l'amitié. Mais ma timidité a fait que je ne l'ai finalement qu'assez peu vu".

Lire la suite : Philippe Jaccottet / Alberto Giacometti

Dessins de Kamel Khélif

  • Écrit par Paire alain
  • Affichages : 8276

Kamel Khelif,

Exposition " Dessins de Kamel Khélif".

Jusqu'au samedi 25 avril, ouvert du mardi au samedi de 14 h 30 à 18 h 30.

Exposition programmée dans le cadre de la sixième éditition des "Rencontres du 9° art d'Aix en Provence/Festival de la Bande dessinée et autres arts associés". Cf parmi nos liens,  le site du Festival.

 

Kamel Khélif est né à Alger en 1959. Il arrive à Marseille en 1964, habite la Cité Bassens des quartiers nord  pendant vingt années. Dessinateur industriel et puis ensuite animateur de quartier, il abandonne ses métiers pour se consacrer au dessin et à la peinture. En connivence avec Edmond Baudoin, ses premiers livres, “Homicide” et “Le Prophète” sont parus aux éditions Z .

 

Lire la suite : Dessins de Kamel Khélif

Jean-Claude Hesselbarth, 1925-2015, un peintre proche ami de Jaccottet

  • Écrit par Paire alain
  • Affichages : 8142
Hesselbarth_01

Jean-Claude Hesselbarth a quitté son épouse Liliane et ses amis le mercredi 13 mai 2015, il était âgé de 90 ans. Avec l'aide de Nicolas Raboud qui s'était chargé du choix des oeuvres et de l'accrochage, il avait inauguré à Grignan, le 4 avril, dans l'Espace d'art François-Auguste Ducros son ultime exposition. Cette exposition est visible jusqu'au 15 juin, elle est accompagnée par la publication d'un ouvrage titré Peindre au pays où fleurit l'étranger.Dans les pages 231-238 de la Revue de Belles Lettres (2014, 2) texte d'Amaury Nauroy, La ronde de nuit/ Hessel en son royaume.

Jean-Claude Hesselbarth était"l'un des deux plus anciens amis" de Philippe Jaccottet. Publiée par Josée-Flore Tappy dans l'avant-dernière page d'un catalogue Jaccottet poète (Lausanne, 2005) une image qui fut composée en 1934 les associait : on aperçoit leurs silhouettes sur une photographie de fin d'année de classe primaire, ils ne sont pas encore rentrés au Collège de Lausanne. En 2012, alors que je faisais sa connaissance, Jean-Claude Hesselbarth m'expliquait que Philippe Jaccottet était presque toujours le premier de sa classe : il remportait les prix d'excellence, les notes d'Hesselbarth étaient beaucoup moins satisfaisantes.

Ces deux personnages se sont rarement perdus de vue : après l'école primaire, ils se sont retrouvés lorsqu'Anne-Marie Jaccottet fut avec quelques années d'écart étudiante dans la même Ecole de Beaux Arts qu'Hesselbarth. Après avoir longtemps séjourné plus au loin dans la campagne drômoise, Jean-Claude Hesselbarth et sa femme Liliane Annen se sont rapprochés d'Anne-Marie et Philippe Jaccottet : ils habitaient l'intra-muros du village de Grignan, leur maison de laRue sous les remparts est à quelques dizaines de mètres de celle des Jaccottet.

Lire la suite : Jean-Claude Hesselbarth, 1925-2015, un peintre proche ami de Jaccottet

Michel Houssin, foules en fugue, visages et paysages

  • Écrit par Paire alain
  • Affichages : 13191

Atelier_de_Michel_Houssin

Arles, dans l'atelier de Michel Houssin, dessin de la série "Passants", format 50 x 150 cm (photographies de Chris Chappey).

Pour appréhender l'oeuvre graphique de Michel Houssin, on découvrira la quasi-totalité des clefs qui puissent être réunies, presque toutes les entrées en matière possibles dans l'ouvrage qu'il titre "Dessiner le fil avant les hirondelles", un livre qu'il a réalisé en 2009 pour les éditions Area, avec le concours d'Alain Avila. Dans ce volume de 208 pages, on feuillette les reproductions des séquences majeures de son travail, on est par exemple confronté aux Foules qu'il compose depuis plus de trente ans.

Houssin est de ceux qui estiment que "les idées viennent en flânant". Il raconte que l'intense déferlement, la très étrange conception de ses Foules procèdent de la contemplation dans une forêt "de rondins de bois entassés". Ses Foules induisent dans notre imaginaire une très simple perception : rien de métaphysique, nous ferions partie des grands flux d'un ensemble beaucoup plus vaste, nous relevons de quelque chose d'improbable et d'inaccessible qui semble se dissoudre parmi les nuées ou bien dans les lointains d'une indiscernable végétation. Par ailleurs, Michel Houssin l'écrit, "le mélange de deux visages donne souvent naissance à un troisième", "nous sommes faits de tous les autres" .

Lire la suite : Michel Houssin, foules en fugue, visages et paysages

Don Jacques Ciccolini, des nuages, du silence et des rochers

  • Écrit par Paire alain
  • Affichages : 46793

Don Jacques Ciccolini,

Don Jacques Ciccolini, Le rocher de Saint Eucher, 2010, Huile sur toile, format 158 x 102 cm

Prochaine exposition de Don Jacques Ciccolini, 30 rue du Puits Neuf, du 7 au 30 novembre 2013. Vernissage jeudi 7 novembre.  Cette exposition de Don Jacques Ciccolini sera l'avant-dernière des expositions de la galerie qui fermera définitivement ses portes fin 2013. Auparavant, du mercredi 13 novembre  au samedi 21 décembre, exposition chez Arteum / Châteauneuf-le-Rouge, en collaboration avec Christiane Courbon et Pierre Vallauri, "Alain Paire, 19 ans de Galerie"

*** Né à Paris en 1952, Don Jacques Ciccoloni entretient de solides attaches avec le Pays d'Aix. Son prénom signe des ascendances corses : ce peintre est un proche cousin de Félix Ciccolini, l'ancien bâtonnier et sénateur-maire d'Aix-en-Provence. Son atelier personnel est depuis la fin des années soixante implanté à Pertuis, ses étés se déroulent dans un village proche de Sisteron qui élargit la gamme de ses paysages de prédilection.

Depuis avril 2002, Don Jacques Ciccolini est enseignant de peinture à l'Ecole supérieure d'art d'Aix-en-Provence. Il connaît bien l'histoire récente de son Ecole, il se souvient volontiers  des cours à la fois non-directifs et rigoureux qu'y donnait autrefois Vincent Bioulès. Un contexte singulier - les grands refus, l'effervescence de la fin des années soixante - une époque déja lointaine hantent les premières décisions qui orientèrent son travail. Quand il commençait ses apprentissages, Don Jacques avait seize ans ; Vincent Bioulès était un trentenaire, à cette époque profondément impliqué dans l'aventure du mouvement support-surface.  

Lire la suite : Don Jacques Ciccolini, des nuages, du silence et des rochers

Mon Compte

Mot de passe oublié ? / Identifiant oublié ?