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Mardi, 12 Mars 2013 09:20 |
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Isabelle Faillard, photographie de Jean Pecoul.
Depuis 1997, Jean Pecoul se consacre à l'art du portrait. Dans ses classeurs et ses dossiers s'accumulent plus de quatre cents photographies, des visages, des corps, des gestes et des silhouettes de personnes qui, pour la plupart, habitent Aix-en-Provence. Il commença par portraiturer ses proches amis ou bien sa famille. Le cercle de ses sujets d'inspiration n'a pas cessé de s'agrandir : la qualité de tel ou tel portrait antérieurement réalisé lui a permis d'interpeller de nouvelles relations, il est rare qu'on refuse ses propositions de travail.
Plusieurs expositions lui ont permis de déployer ses photographies : une première fois, le 24 février 2004 dans la salle Pavillon de l'Hôtel de Ville d'Aix, ensuite Traverse Notre-Dame, à trois reprises, dans la galerie Laurin de Monique Faillard. Une cinquième exposition s'était déroulée au Cloître des Oblats du 6 au 15 octobre 2011. Grâce à la vigilance de Philippe Ferrand, conservateur du fonds ancien de la Méjanes, quelques-unes de ses images font partie des collections de la Bibliothèque d'Aix. Des critiques d'art comme Jean Arrouye, Christiane Courbon, Josée Mouvant, Annick Pegouret et Robert Pujade ont rédigé des textes à son propos. Voici presque six ans, en septembre 2007, j'avais réuni rue du Puits Neuf ses portraits d'artistes comme Jean-Pierre Blanche, Bernard Lesaing, Sama et Jean-Marie Sorgue, des écrivains comme Gérard Khoury et Hawad, des médiateurs comme Denis Coutagne et Michel Fraisset.
Cette fois-ci, il s'agira de présenter, sans rubrique ni thématique particulière, vingt-trois visages interprétés au cours des derniers mois. Ses photographies en noir et blanc seront accrochées du jeudi 14 au samedi 23 mars 2013, le vernissage se déroulera le jeudi 14 mars, à partir de 18 h. Excepté dimanche et lundi, la galerie sera ouverte de 14 h 30 à 18 h 30. Jean Pecoul sera présent en compagnie de son épouse Marie-Gentille pendant toute la durée de l'exposition : les visiteurs regarderont, questionneront et réagiront en présence du photographe.
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Jeudi, 21 Février 2013 11:36 |
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Anne-Laure Fink, détrempe et encre de Chine, 47 x 65 cm
Du jeudi 28 février au samedi 9 mars 2013, la galerie du 30 de la rue du Puits Neuf confie son espace à Anne-Laure Fink et Nadine Fourré. Toutes deux sont les gardiennes et les réalisatrices de l'exposition, vous pourrez les rencontrer et dialoguer avec elles. Vernissage jeudi 28 février, à partir de 18 h. Galerie ouverte du mardi au samedi de 14 h 30 à 18 h 30, tél 04.42.96.23.67. Après quoi, du jeudi 14 au samedi 23 mars 2013, exposition de portraits photographiques de Jean Pecoul, Pour quelques regards de plus.
Les infinis d'Anne-Laure Fink, texte de Nadine Fourré.
Un infini ne renonce jamais. Persévérant par lui-même, obstiné, il disparaît au fond de l’univers en expansion, privant l’homme de ne jamais pouvoir sonder ses abîmes. Sauf pour l’artiste clairvoyante qui abandonne son mental et ses représentations pour s’immerger dans la transe du geste, écriture-réflexe jaillissant de son inconscient.
Ses dessins évoquent les formes symboliques d’une langue universelle. Nous sommes en apesanteur, délivrés de toutes références. Pourtant, observés à distance, les encres d’Anne Laure Fink sont parcourues de champs magnétiques, de réseaux d’ondes multi-directionnelles. Dès qu’on s’approche, elles se mettent à frémir comme un paysage arborescent à travers lequel circulent les forces de vie. Regardant le travail d’encore plus près, c’est comme si nous scrutions à l’intérieur d’une foule microscopique de cellules frissonnantes à l’unisson.
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Mercredi, 20 Février 2013 13:37 |
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Du jeudi 28 février au samedi 9 mars, la galerie du 30 de la rue du Puits Neuf confie son espace à Anne-Laure Fink et Nadine Fourré. Toutes deux sont les gardiennes et les réalisatrices de l'exposition, vous pourrez les rencontrer et dialoguer avec elles. Vernissage jeudi 28 février, à partir de 18 h. Galerie ouverte du mardi au samedi de 14 h 30 à 18 h 30, tél 04.42.96.23.67. Après quoi, du jeudi 14 au samedi 23 mars, exposition de portraits photographiques de Jean Pecoul, Pour quelques regards de plus.
Nadine Fourré : tout commence au fil de l'eau.
L'artiste arpente le socle mouvant de la rivière parmi un océan de pierres, à l’affût de la perfection du hasard. Il s’agit de capturer la Nature vivante. Son œuvre renoue avec un geste enfoui dans la mémoire du monde. Aboutissement naturel de presque 20 ans passés au Japon, les Equilibres explorent les strates de l’inconscient.
Nadine Fourré se sensibilise à l’art de l’épure, cet esprit de renoncement à la surcharge qui s’exprime dans la culture japonaise traditionnelle par le "kiri-sutte" ou "couper-jeter", en tant que choix esthétique et spirituel. Constantin Brancusi Isamu Noguchi, et le Peuple Inuït en Arctique lui ont ouvert la voie. Au fil des saisons, dans un va et vient constant entre rivière et atelier, s’élabore un long processus de création.
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Lundi, 29 Octobre 2012 20:03 |
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Photographie de Rajak Ohanian, page 2 de Bram van Velde, éd. Maeght, 1975.
Un ami collectionneur et artiste a confié à la galerie une quinzaine d'estampes de Bram van Velde (1895-1981). Sa peinture a suscité des écrits de Samuel Beckett, de Georges Duthuit, d'André du Bouchet, de Jean Starobinski et de Charles Juliet. Trois grands catalogues de musée, réalisés au Centre Pompidou (1989), à Genève (1995) et à Lyon (2010) établissent son parcours. Pour les lithographies de Bram van velde, il faut se procurer - le tome premier est difficilement trouvable - les trois tomes du catalogue raisonné des estampes de Bram, imprimés en 1973, 1979 et 1984 -. Ce travail fut édité par Yves Rivière et le Cabinet des estampes du musée d'art et d'histoire de Genève, ses principaux responsables étaient Rainer Michael Mason, Jacques Putman et Catherine Béraud.
Je me souviens avoir aperçu à deux reprises la haute silhouette de Bram van Velde. Tout d'abord pendant un mois de juillet de 1976, à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon où Gil Jouanard avait invité Yves Bonnefoy à parler. C'était dans l'une des salles proche de La Bugade de la Chartreuse, il s'agissait d'une discussion comme il s'en organise à propos de Peinture et Poésie : Yves Bonnefoy dialoguait avec d'autres écrivains, il y avait là Jean Tortel, Piero Bigongiari et Claude Esteban. Une courte exposition des bas-reliefs du Luberon de Raymond Mason était programmée simultanément. Deux heures plus tard, j'apprenais que Thierry Bouchard était présent dans la salle ; il préparait l'édition du grand livre d'Yves Bonnefoy illustré par Van Velde, Trois remarques sur la couleur.
Bram van Velde avait été convié à cette rencontre de Villeneuve-les-Avignon. Très vite, à peine cinq minutes après le commencement des prises de paroles, il n'avait pas voulu rester : il préférait quitter immédiatement l'endroit. C'était pendant une fin d'après-midi. Calmement, sans impatience, un rien navré, Bram van Velde s'était dressé. Il avait repris son chapeau, il avait chuchoté gentiment à ses voisins quelques mots d'excuse et fait signe pour qu'il puisse repartir. Yves Bonnefoy l'avait raccompagné pendant ses premiers pas. Après quoi, Jacques Putman traça le chemin pour lui permettre de s'en aller promptement.
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Dimanche, 14 Octobre 2012 19:23 |
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Don Jacques Ciccolini a tenté de cerner en une quinzaine de tableaux les mutations d'un paysage qui lui est familier : le cours irrégulier et les berges de la Durance, leur apparition et leur continuelle transformation, depuis 1952 jusqu'à aujourd'hui.
Sur l'écran noir et blanc des actualités Gaumont, les jeunes gens de l'après-guerre apercevaient les prémices de l'Affaire Dominici. En 2013, des matériaux et des engins dont la taille et la puissance évoquent immédiatement ce que trame la mondialisation, construisent un pont sans grâce, qui ne ressemble pas à l'ouvrage plus ou moins vétuste qui permettait jusqu'à maintenant de franchir le fleuve. Chaque fois qu'il traverse le pont de Pertuis, le peintre mesure l'étrange écart qui le sépare d'un territoire qui fut le terrain de jeu de son adolescence.
Les journées, les saisons et les époques s'entremêlent silencieusement. Certains de ses tableaux figurent la montée des eaux, les grandes crues qui menacent les rives. D'autres toiles pointent des moments de marée basse, des plages de grande immobilité. Cette peinture donne à voir plusieurs régimes de réminiscences, les derniers ou bien les premiers feux du jour : le rêve du déploiement des premières arches, et puis à présent, des moments d'irréalité, un nouvel accostage plus ou moins fantômatique, la montée irrépressible du souvenir, puisqu'il faut envisager l'imminente destruction de l'ouvrage.
Avec ses courbes, ses grands câbles et ses piliers, le pont de Pertuis avait façonné un repère essentiel à l'intérieur du paysage. Son graphisme arrimait de nouvelles perceptions, son emprise dévoilait certaines fois plusieurs faces de la Sainte-Victoire. Sa présence donne un caractère insolite à l'architecture vernaculaire qui s'est constituée en proximité : les maisonnettes qui ponctuent l'entrée d'une écluse, les prises d'eau qui alimentent le canal de Montricher, ainsi que les petits bâtiments industriels, les gravières qui se sont maintenues sur les berges.
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Dimanche, 05 Août 2012 12:57 |
Il y a entre la poésie de Philippe Jaccottet et de nombreuses peintures de Gérard de Palézieux – à l’aquarelle notamment – de singulières affinités, qui laissent deviner deux sensibilités très proches. Dans une note d’avril 1993, Philippe Jaccottet se demande pourquoi, au cours d’une promenade, il a remarqué un pré, un simple pré parmi tant d’autres, au bord d’une rivière: « Je crois qu’une fois de plus, » écrit-il, « peut-être du fait de la rivière proche, la lumière l’habitait d’une façon si tendre et si pure qu’il devenait une sorte de promesse »[1]. La lumière, nous y voilà, mais pas comme les impressionnistes l’ont recherchée et observée, pour la rendre avec une exactitude merveilleuse, en la surprenant dans ses jeux les plus subtils, plutôt comme une harmonie qui se déclare soudain, ne se prête guère à l’analyse et semble à la fois procéder et "parler" d’un autre monde. Une émotion plus qu’une impression. En ce sens, dans cette façon de saisir l’être au dépourvu, davantage qu’à un effet du soleil une telle lumière s’assimile à la musique, ce qui n’étonnera pas quand on sait l’amour que Philippe Jaccottet porte à celle-ci. «Une sorte de promesse», conclut-il, et si l’on peut penser à cette "patrie inconnue" que les accords du septuor de Vinteuil suggèrent au narrateur du grand roman de Proust, on comprend qu’il ne s’agit pas ici d’un monde intérieur, purement subjectif, mais, tout au contraire, d’une ouverture sur ce que serait l’intérieur du monde, un instant dévoilé sous les apparences, et qui dépossède le promeneur de ses catégories et de ses mots. Une promesse donc, sans prédicat. Et le seul indice retenu par le poète, « peut-être du fait de la rivière proche », évoque davantage le murmure de l’eau vive que d’improbables reflets. Quoi qu’il en soit, ce qui frappe le plus dans cette notation est son extrême simplicité: rien de pittoresque, rien de composé, aucun détail "poétique", pas même le léger heurt, si fréquent dans les haïkus, entre deux émotions différentes ou contraires, – de l’herbe seulement, dans une certaine clarté. On se dit alors que Gérard de Palézieux aurait pu, pareillement touché par l’une et l’autre, poser là son chevalet, au bord de la rivière.
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