Hercules Segers à Amsterdam

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Segers Paysage montagneux

Hercules Segers, Paysage montagneux, huile sur toile, Hovingham Hall Collection (Grande-Bretagne, North Yorkshire)

À Amsterdam, sur les murs noirs de cinq salles éclairées avec parcimonie à cause de la fragilité des œuvres, le Rijksmuseum consacre jusqu’au 8 janvier 2017 une exposition très complète au graveur et peintre Hercules Segers, ce qui constitue un événement exceptionnel, même si la notoriété de l’artiste est des plus réduites auprès du grand public. Très tranquillement donc – et la tranquillité est nécessaire pour apprécier des œuvres presque toutes de petits formats – on peut admirer là 107 gravures, 16 peintures[1] et 2 huiles sur papier du maître, ce qui veut dire une part très importante de son œuvre connu, auxquelles s’ajoutent 2 gravures d’après Segers et une célèbre gravure où Rembrandt a retravaillé une plaque de Segers pour en changer l’iconographie (une Fuite en Égypte à la place de Tobie et l’ange) tout en en conservant le paysage.

On ne sait quasiment rien d’Hercules Segers, ce qui ne fait qu’ajouter au caractère intrigant de son œuvre. La date de sa naissance à Haarlem reste incertaine : 1589 ou 1590, il est donc un contemporain des peintres caravagesques d’Utrecht (et de Poussin) et l’aîné de Rembrandt d’un peu plus d’une quinzaine d’années. On hésite de même sur la date de sa mort : 1637 ou 1638, peut-être avant. Il semble avoir joui de son vivant d’une certaine renommée, dont témoigne le fait que Rembrandt posséda plusieurs œuvres de lui, mais il aurait connu la pauvreté au cours de ses dernières années et souffert d’une incompréhension... que l’on comprend assez bien tant ses gravures peuvent paraître étranges aujourd’hui encore. On ignore s’il a jamais quitté la Hollande et vu quelque part, de ses yeux, des montagnes comme celles qu’il se plut à représenter. Quoi qu’il en soit, on imagine volontiers un esprit à la fois minutieux et profondément rêveur, ce qui n’est pas contradictoire : on conçoit en effet comment la combinaison de plusieurs techniques de gravure très maîtrisées, un singulier usage de la couleur et le choix de supports variés (papiers blancs ou de couleur, ou tissus de coton), qui le conduisent à donner plusieurs versions, plutôt que plusieurs états, d’une même image, – on conçoit comment de telles recherches constituent une mise à l’épreuve de celle-ci, et par suite, en elles-mêmes, une rêverie. Non que l’image première ne serait qu’un prétexte ou un motif indifférent, mais parce qu’au contraire elle est perçue comme une source d’inquiétude et nourrit le sentiment que quelque chose se cache en elle.

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Antonin Artaud, Walter Benjamin, André Breton, Blaise Cendrars, Germain Nouveau, Saint John-Perse, Simone Weil, La Pietà de Pourrières, des films de huit minutes sur la chaîne Mativi-Marseille

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Mendiant

Une image de Germain Nouveau, poète et mendiant, 1851-1920.

Six chroniques de sept ou huit minutes, réalisées avec François Mouren-Provensal, des films diffusés sur la chaîne Mativi-Marseille à propos du passage des écrivains et de la littérature en région sud. En novembre 2015, un nouveau film était réalisé, grâce à Thierry Fabre pour le compte du MuCEM, à propos de "Blaise Cendrars à Ensues-la-Redonne, 1927 et à Aix-en-Provence, 1940-1947", visible chez You Tube sur ce lien. A quoi s'ajoute, produit par la Fondation Saint-John Perse d'Aix-en-Provence, depuis juin 2016 un document de douze minutes "Le retour en France de Saint-John Perse", accessible sur cet autre lien.

Sur ce lien, Antonin Artaud à Marseille. Né à Marseille en 1890, il fait de fréquents retours dans sa ville natale jusqu'en 1928. Cette chronique explore quelques-uns des lieux de sa trajectoire : son premier domicile, 15 rue des frères Carasso, le collège du Sacré Coeur de la rue Barthélemy où il effectue sa scolarité, les quais de la Joliette et l'exposition Coloniale de 1922 où il aperçoit des danseuses Balinaises. Artaud publie des textes dans deux revues implantées à Marseille, La Criée et Les Cahiers du Sud.

Sur ce lien, André Breton / Villa Air Bel. Breton fait séjour à Marseille à compter d'octobre 1940. Il rejoint l'équipe de Varian Fry et Victor Serge qui ont élu domicile à la Villa Air Bel. Il quittera le Vieux Port à bord du Capitaine Paul Lemerle, le 24 mars 1941. La Villa Air Bel a été squattée et puis détruite au début des années 80 : ses uniques vestiges, ce sont un jardin d'herbes folles et les deux piliers de la porte d'entrée. 

Le film évoque la compagne de Breton, Jacqueline Lamba et l'action de Varian Fry que Victor Serge définit comme le tout début de la Résistance en France. Des images d'archives situent le passage en décembre 1940 du Maréchal Pétain ainsi que le trajet du tramway qui permettait, depuis la gare de Noailles, de rejoindre en trente minutes la Villa Air Bel où fut inventé "le Jeu de Marseille". Sur le quai du Vieux Port, on retrouve le café du Brûleur de loups, lieu de ralliement des surréalistes et des membres de la coopérative des Croque-Fruits. Sur le bateau qui l'emmène vers la Martinique et les Etats-Unis, André Breton se lie d'amitié avec Claude Lévi-Strauss.

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L’exposition "Hodler, Monet, Munch – Peindre l’impossible" au musée Marmottan-Monet, Paris

Monet Le mont Kolsaas

Claude Monet, Le mont Kolsaas, 1895, huile sur toile, 65 x 100 cm, Paris, musée Marmottan-Monet.

Que faut-il entendre par « impossible » ? C’est bien sûr la première question que l’on se pose en entrant dans l’exposition Hodler, Monet, Munch – Peindre l’impossible que présente actuellement à Paris le musée Marmottan-Monet jusqu’au 22 janvier 2017. Rien d’imaginaire en tout cas, on le comprend tout de suite, mais ce qui dans la nature est insaisissable ou évanescent : la lumière, les reflets, l’eau, la neige et la nuit, ou encore le soleil que l’on ne peut observer qu’un instant (et il faudrait ajouter les nuages, les brouillards et les fumées) ; en fait, ce que le dessin ne peut précisément décrire, ce qui n’a pas de formes cernables. En fait tout ce à quoi les Impressionnistes se sont particulièrement intéressés, et c’est déjà une qualité de l’exposition de faire réfléchir ainsi à leur travail, quand, la plupart du temps, on l’envisage sous la seule catégorie de l’impression, du côté de l’artiste donc, presque indépendamment de ce choix particulier de ce type de motifs. Pourtant, beaucoup d’autres motifs suffisent à susciter l’impression fugitive que ces peintres cherchent à saisir, l’œuvre de Degas en témoigne, et l’on s’étonne qu’ils se soient ainsi, Monet particulièrement, beaucoup compliqué la tâche en préférant ce qui est presque insaisissable à ce que l’on peut observer j’allais dire « tranquillement », comme s’il y avait là une sorte de défi, une volonté de démontrer que la peinture peut aller jusque-là, où personne encore ne s’était aventuré.

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Un livre sur le peintre Gérald Goy


G. Goy Nature morte aux deux roses

Gérald Goy, Nature morte aux deux roses, vers 1970-1975, pastel, 54,5 x 47,5 cm, Lausanne, musée cantonal des Beaux-Arts

 C’est une œuvre bien étrange que l’on découvre en feuilletant le livre sur le peintre Gérald Goy (1921-2009) que les éditions Infolio, à Gollion, ont publié en avril dernier à l’occasion d’une exposition de l’artiste à Jouxtens et au château de Venthône (Gollion et Jouxtens sont des communes du canton de Vaud, proches de Lausanne, Venthône une commune du Valais, près de Sierre). Une œuvre que l’on aurait aimé pouvoir étudier dans quelque galerie française, mais qui ne fut guère présentée qu’en Suisse 1, son pays natal, Hormis quelques huiles sur toile, le peintre s’en est tenu à deux techniques : l’aquarelle pour des vues du lac Léman à Ouchy, et le pastel pour des natures mortes montrant surtout des objets simples, boîtes ou corbeilles, parfois des fleurs ou des fruits, et ce que l’on ne peut appeler vraiment des paysages : des vues de toits, de la porte ou de la barrière de son jardin, ou de la grille de son balcon.

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Deux expositions Devorah Boxer à Paris


Devorah Boxer dans son atelier

Devorah Boxer dans son atelier, 2008.

Née dans l’État de New York en 1935, Devorah Boxer s’est installée en 1959 à Paris, où elle poursuit depuis lors sa carrière de dessinatrice et de graveur. Sa formation eut lieu aux Etats-Unis auprès du peintre-graveur Gabor Peterdi (1915-2001), en France dans l’atelier Lacourière-Frélaut et auprès du maître taille-doucier Jean Pennequin (1936-1983). Après avoir été l’invitée d’honneur du salon organisé au Carrousel du Louvre par la Société nationale des Beaux-Arts (SNBA) en 2014, elle a reçu l’année suivante le prix de gravure Mario Avati décerné par l’Académie des Beaux-Arts (créé en 2013, ce prix a déjà récompensé les œuvres de Jean-Baptiste Sécheret et de Christiane Baumgartner)1. En cette fin d’été, deux expositions lui sont consacrées à Paris, jusqu’au 9 octobre : l’une à l’Institut de France, l’autre à la galerie L’Échiquier, dans le Xe arrondissement.

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