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Alexandre Hollan et Jean-Luc Meyssonnier à l'abbaye de Noirlac PDF Envoyer
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Mardi, 04 Août 2015 12:11

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Projection agrandie d'une oeuvre d'Alexandre Hollan,Dans l'arbre,au revers de la façade de l'abbatiale.

 

 

Il n’est besoin d’aucun «prétexte» pour aller visiter l’abbaye de Noirlac, à quelque quarante kilomètres au sud de Bourges: dans un certain isolement, le site est magnifique et magnifiquement préservé ; la simplicité, la beauté sans fioriture, la pureté de l’architecture cistercienne inspirent d’emblée, comme il arrive à Fontenay ou, plus au sud, dans les trois célèbres «sœurs» provençales, le sentiment d’un lieu assez sensible pour se passer de paroles, un lieu qui fait que l’esprit saute tout de suite, si l’on peut dire, en delà ou en deçà des mots, et lorsque l’on sort des bâtiments, à l’arrière, le plaisir est grand de faire quelques pas dans l’allée des très vieux tilleuls qui jouxte ce qui, plus qu’à un jardin, ressemble à un champ. Le silence donc, d’abord, – et quoi de mieux pour regarder sérieusement certaines images, elles-mêmes discrètes et graves? En l’occurrence des dessins d’Alexandre Hollan et des photographies de Jean-Luc Meyssonnier réunis sous le simple nom latin Arbor puisque celles-ci et ceux-là nous montrent des arbres.

 

Une grande qualité de l’exposition est d’être assez réduite. Aucun entassement, comme c’est hélas souvent le cas: en petit nombre, les dessins et les photographies ne sont présentés que dans quelques salles, et encore n’y occupent-ils pas tout l’espace, de sorte qu’ils n’empêchent nullement de percevoir cet espace et que l’on n’est pas par avance accablé par cette idée morne, suscitée par les grands accrochages, que l’on va devoir fatalement négliger ou mal voir certaines œuvres. Puis celles-ci sont disposées avec goût et discrétion: tantôt rapprochées, comme dans le cellier, où, sur un seul long mur, les dessins et les photographies s’intercalent les uns à la suite des autres pour former une sorte de frise; tantôt bien séparées ou en vis-à-vis, pour entretenir un dialogue paisible, qui ne force rien, qui peut très bien être interrompu. On respire toujours un peu quand il n’y a pas, dans une exposition, le projet de démontrer à toute force quelque chose. Ici, c’est une affinité qui est proposée au visiteur, avec peut-être l’incitation modeste à mieux regarder les arbres, à leur être plus attentif.

 

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Librairie Les Bleuets/ Banon, exposition Don Jacques Ciccolini PDF Envoyer
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Samedi, 01 Août 2015 15:51
DjC
Don Jacques Ciccolini, Sainte-Victoire et le barrage Zola, huile sur toile 130 x 97 cm, 2014.

 

Exposition Don Jacques Ciccolini à la librairie Les Bleuets,Place Saint-Juste, Banon, du 6 au 23 août.Vendredi 14 août, 17 h, Présentation d' ETHER, recueil de poèmes de Michel Ivoino illustré par DJ Ciccolini.


Cicco
Sainte-Victoire et le Barrage Zola, huile sur toile, 116 x 65 cm, 2015.

 
Gilbert Pastor / Editions Unes PDF Envoyer
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Samedi, 01 Août 2015 08:58

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Chez Unes, un ouvrage Bernard Noël / Gilbert Pastor. 



Vendredi 15 mars 2013, Gilbert Pastor fêtait à Lausanne, à la faveur d'une exposition de ses peintures, son quatre-vingt-unième anniversaire. Entre autres raisons,"parce que Pastor ne demande rien", Jean-Pierre Sintive, le fondateur des éditions Unes, publiait simultanément à son propos une première monographie. La coédition de ce livre fut réalisée avec le concours de deux amis dont le port d'attache principal est Forcalquier dans les Alpes de Haute-Provence, Michel Foissierdes éditionsPropos  et Olivier Baussan.

Racontées par Gilbert Pastor, la préhistoire de son œuvre, ses premières grandes déterminations relèvent pour partie de sa relation avec l'artiste et poète Boris Bojnev (1898-1969) qui vivait à Marseille depuis l'exode de 1940 : ce très étrange survivant passait ses étés à Mane, à quelques kilomètres de Forcalquier où l'un de ses meilleurs amis,Lucien Henry imaginera plus tard le Musée des amis de Boris Bojnev. Pastor était également un familier du village de Mane où ses grands-parents l'avaient recueilli à la veille de la guerre. Il rencontra Boris Bojnev alors qu'il avait dix-sept ans : il venait de s'inscrire aux Beaux-Arts et vivait de petits boulots. Bojnev le prit en affection et le laissa intervenir dans sa propre œuvre, il devint son assistant."Effacé, secret et passionné" ce personnage était né à Saint-Pétersbourg: c'était un poète issu de la Russie d'avant la Révolution. A Paris, où il s'était exilé de 1919 à 1939, Boris Bojnev avait fréquenté Nicolas Berdaïeff, Boris de Schloezer, l'éditeur-typographe Illiazd ainsi que Nina Berberova. La dette de Gilbert Pastor vis à vis de Bojnev est immense : "Boris Bojnev me donna confiance en moi et le goût de lire, surtout la poésie qu'il affectionnait et introduisait dans sa peinture". 


Le souvenir de Boris Bojnev

A Paris, en 1921, Boris Bojnev avait commencé de rassembler, à partir de tableautins dénichés chez un brocanteur du quartier des Gobelins, les éléments d'une collection de peintures infiniment mystérieuse. À Marseille, au terme d'inlassables recherches dans les marchés aux puces et chez les revendeurs, Boris Bojnev entreprit de sauvegarder et de métamorphoser des petits panneaux de bois peints, des toiles disgrâciées et négligées d'amateurs ou bien d'inconnus qui s'appelaient Toucas, Chincholle, Diodier ou Merlier. L'absence de prétention, la tendresse et la gaucherie de ces pièces totalement dédaignées l'émouvaient profondément : il estimait, c'était sa conviction, que "les rues les plus décharnées contiennent plus de Rembrandt qu'aucun musée du monde". Au terme de minutieuses retouches, Bojnev introduisait des personnages féminins dans les compositions de ses tableautins. Dans un texte rédigé en 1973 pour un catalogue édité à Flayosc par Frédéric Altman, Pastor raconte que Bojnev peignait"sans pinceaux, avec ses doigts, dans l'épaisseur pour être au plus près de la matière,tantôt avec son pouce, une épingle ou une allumette, qu'importe les moyens". 


Autour des petits formats qu'il avait lentement transformés, Boris Bojnev élaborait de singuliers environnements, les rehauts d'un encadrement capable de révéler "l'aura", la part de rêve et de grâce de ces peintures"primitives, naïves et angéliques".Il confectionnait ses encadrements avec de vieux rubans, des brins de paille, des tessons d'assiette et de disque, des morceaux de bois carbonisé, des couronnes de feuilles mortes et des fragments de miroirs brisés. Navrantes et miséricordieuses, ses œuvres composaient ensemble de nouvelles icônes. Elles influencèrent profondément les commencements de Gilbert Pastor qui peignit sur des panneaux de bois, des portraits principalement féminins ou bien enfantins, des reliquaires comportant également des encadrements fabriqués avec des morceaux de bois, des papiers peints et des bouts de tissus. 


catalogue Boris Bojnev

Dans son autobiographie, Gilbert Pastor précise que sa mère qui avait pour prénom Trinité, rencontra à son tour Boris Bojnev en 1952 : elle en tomba follement amoureuse. Les trois personnages vivent ensemble à Marseille, dans le quartier de la Porte d'Aix, jusqu'en 1969, date du décès de Boris Bojnev. Après quoi la mère et le fils décident d'habiter le village d'Aups dans le Var. Grâce à l'argent que lui donne Lucien Henry, Pastor quitte définitivement Marseille : à partir de 1975, il habite une étroite maison de la rue Rosette Cioffi, installe son atelier au troisième étage, sous les toits.

800 toiles, 1500 dessins. 


La réalisation d'une monographie à propos de Gilbert Pastor était à la fois redoutable et relativement aisée: les auteurs réunis par Jean-Pierre Sintive ont œuvré avec la totale confiance et l'amitié de l'artiste. Dans l'avant-propos de l'ouvrage il est indiqué qu'"on estime à environ 800 toiles et 1500 dessins le nombre d'œuvres de Gilbert Pastor, mais il n'a jamais daté ni donné de titres à ses tableaux". 


Jean-Pierre Sintive a regroupé en six périodes et thématiques la succession des travaux de Pastor, plus d'un demi-siècle de peinture. LesReliquaires couvrent une première partie jusqu'en 1976. Viennent ensuite les Portraits, et jusqu'en 1985,Scènes de ruesetMaisons closes.À compter de l'installation à Aups, voici lesIntérieurs. LesNatures mortesapparaissent en 1980 ainsi que lesPaysages. 

Ami de très longue date - sa grand-mère Suzanne Valabrègue, connaissait Bojnev et Pastor - Frédéric Valabrègue a composé au sujet du peintre un texte extrêmement éclairant. Il marque bien que pour Gilbert Pastor, il s'agit"de faire resurgir de la mémoire une zone d'intensité : celle proposée par la rue chaude ou la maison de passe. Il ne cherche pas une image précise, mais un ensemble de sensations. Il représente un lieu - un intérieur - et une situation : le corps obscur, presque effacé, apparaissant au désir"... "Une peinture ou un dessin de Pastor est un brouillon infini dont les éléments se fixent à regret. Dès qu'ils se précisent, c'est pour s'estomper à nouveau, perdre leurs contours"... "Le dessinateur ne poursuit pas un fantasme ni une érotique : il traque ce qui va suspendre la répétition et lui offrir un moment de dessin imprévisible"... "Une peinture vit de ses dessous, de ses couches archéologiques, de leur capacité à la survie et au rayonnement"..."Il faut un tact particulier pour ne rien bousculer ni compromettre de ce qui se prépare presque à l'insu du peintre"... "Pastor recherche la vérité du cœur du dernier art gothique des primitifs italiens ou des artistes prérenaissants de Sienne et d'Ombrie. Il ne désire pas que sa peinture soit démonstrative d'un savoir ou d'une évolution intellectuelle, mais qu'elle demeure dans l'état natif d'une expérience spirituelle de la vision". 


Entre Marseille et le Var, plusieurs creusets. 


Plusieurs entretiens qui se recoupent, un appareil critique assez exhaustif reconstituent la plupart des itinéraires et des complicités qui permettent de suivre le parcours de Gilbert Pastor, principalement dans le Midi de la France, entre Var et Marseille. Jean-Pierre Sintive raconte avoir lié connaissance avec Pastor en 1979, lors d'une exposition de groupe à Draguignan. Il écrivit un premier texte à son propos, lors d'une exposition personnelle programmée par Frédéric Valabrègue ; ce dernier animait dans la proximité du jardin du Parc Longchamp de Marseille, une galerie en appartement, La Villa R. 

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Christian Guez-Ricord, à côté d'une peinture de Serge Plagnol (archives Jean-Pierre Sintive).



En 1984, pour l'un des premiers chantiers des éditionsUnes, Sintive proposa au peintre d'accompagner un manuscrit de Pierre-Albert Jourdan, L'Approche : Pastor réalisa pour cet ouvrage un portrait de l'auteur en frontispice, ainsi qu'une série de dessins. Après quoi, Jean-Pierre Sintive poursuivit un remarquable travail de médiateur-éditeur. Il édita un ouvrage de Christian-Guez Ricord et puis présenta les peintures et les dessins de Pastor à deux auteurs qui devinrent deux de ses plus fervents partisans : Bernard Noël et Jean-Louis Giovannoni réalisèrent par la suite, en association avec Gilbert Pastor, une dizaine de livres. D'autres carrefours, des possibilités de rencontres se développèrent simultanément : à Lyon, la galerie Le Lutrinde Paul Gauzit entreprit d'exposer régulièrement Pastor, à partir de 1977, et jusqu'en 2002. L'un des fidèles visiteurs de Paul Gauzit, Yves Peyré découvrit la peinture de Pastor dans le local de la Place du chirurgien Gailleton, près du quai du Rhône.  


Des publications s'effectuèrent en revues. ChezL'Ire des Vents d'Yves Peyré en 1987, avec des poèmes de Jean-Louis Giovannoni, dansL'Œuf sauvagede Claude Roffat (n°3, 1992) ainsi qu'à deux reprises, parmi les minuscules Regardde Marie Morel (la seconde parution chez Marie Morel date de mars 2012 : le n°115 comporte un entretien et dix reproductions, on peut l'acquérir pour 3 euros). En partie grâce au support de la micro-édition, le cercle des collectionneurs et des amateurs se sera lentement élargi : parmi les autres publications de Pastor, on mentionnera des parutions chezLettres vives, aux éditionsMarchant Ducelde Frank-André Jamme, dansl'Atelier Contemporaide François-Marie Deyrolle ou bien encore chezJoca Seria,avec Michel Luneau (1934-2012) qui l'exposa plusieurs fois dans les parages de Nantes. La liste des amis de Gilbert Pastor risque d'être fatalement incomplète. Des creusets discrets, des initiatives et des galeries pour la plupart provinciales - deux d'entre elles sont parisiennes, la Galerie Philipp lui fut présentée par Yves Peyré, Béatrice Soulié rencontra Pastor grâce à Claude Roffat - des personnes clairvoyantes qui ouvrirent des espaces à Marseille (la librairie La Touriale), à Forcalquier (Lucien Henry), à Sausset-les-Pins (galerieBerliozde Micheline Ollier) ou bien à Trans-en-Provence (la galerieRemarque de Stéphanie Ferrat qui fut obligée de fermer en 2010, suite aux inondations varoises) auront donné à ce travail la visibilité qui lui permit de cheminer sans trop de solitude. 

Des vents favorables continuent de souffler pour le travail de Gilbert Pastor. Au fil des pages, celui qu'on imaginait prioritairement reclus et silencieux dans son atelier se révèle plein de joie, de curiosités et d'appétit pour l'existence. Dans tel ou tel passage de ses entretiens, on l'écoute évoquant des voyages avec les frères José, Nicolas et Frédéric Valabrègue en Espagne, en Italie ou bien en Hollande pendant les années 80: il découvre autrement qu'en reproductions Greco, Zurbaran, Goya, Franz Hals et Van Gogh. Le hasard veut qu'il rencontre Armand Avril dans un autobus : il lie solide amitié avec ce proche voisin varois. À l'âge de 57 ans, en 1989, Pastor réussit son permis de conduire, et peut enfin se déplacer à sa guise. Trinité, sa mère le quitte définitivement en mai 1993. Trois années plus tard, il rencontre la céramiste Yveline Gatau. Pastor conserve son atelier de la rue Rosette Cioffi , il emménage dans une plus vaste maison. En 2011, avec Yveline qui "déborde d'imagination", il visite New York. L'ultime chose qu'il ne réclamera jamais, c'est la consécration que Sintive lui souhaite :"Après Bruno Schulz, Morandi, Balthus ou Artaud au musée Cantini à Marseille ; après Dubuffet, Bettencourt et Réquichot au château de Tanlay dans l'Yonne, il serait bon que le nom de Gilbert Pastor soit enfin mis en lumière dans le cadre d'une grande rétrospective". 

Alain Paire. 

Une première version de cet article fut mise en ligne par Florence Trocmé le 22 mars 2013 sur le site Poezibao.


Pastor, les apparitions de la matière,
éditionsUnesetPropos. Edition établie par Jean-Pierre Sintive, textes de Jean-Louis Giovannoni, Christian Gabriel Guez-Ricord, Bernard Noël, Gilbert Pastor, Jean-Pierre Sintive, Christian Tarting, Frédéric Valabrègue et Pierre Vilar. 128 pages en quadrichromie, 100 reproductions, format 24 x 27 cm. Tirage de tête de 47 exemplaires sous étui, contenant une œuvre originale signée par Gilbert Pastor : 350 euros. D'autres renseignements, adresse mail Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. et site deséditions Unes. 


Dans cette monographie, l'un des entretiens avec Pastor et Jean-Louis Giovannoni avait été mis en ligne sur Poezibaopar Anne Bernou le 26 mars 2012,cf ce lien.

Cf. ce lien: deux catalogues Boris Bojnev disponibles à la galerie Pierre Chave, 13 avenue Henri Isnard, Vence, tél. 04.93.58.03.45.

Une exposition Gilbert Pastor, parcours d’une œuvre / Peintures, dessins, livres d’artistes est programmée par Anne Bernou et Jean-Pierre Sintive dans le Var,  à la 
Maison Waldberg de  Seillans, du 26 juillet  au 11 octobre 2014.

 

 
Vauvenargues moraliste, la vie brève, 1715-1747 PDF Envoyer
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Mercredi, 22 Juillet 2015 00:59
Portrait_de_Vauvenargues
Portrait fictif de Vauvenargues,
gravure du XIX°

Ce texte à propos du moraliste Vauvenargues est extrait d'un livre disponible dans les librairies, éditions Images en Manoeuvres (Pollen/ Diffusion) "PABLO PICASSO A VAUVENARGUES / LE GRAND ATELIER DE LA SAINTE VICTOIRE". Avec des photographies de Marcel Coen, Douglas David Duncan, Hélène Parmelin et Bernard Plossu. Format 16 x 10 cm, 106 pages, reproductions en quadrichromies, prix 14 euros.

Le 5 août 2015, ce sera le tricentenaire de la naissance de Vauvenargues.

Luc de Clapiers naquit à Aix-en Provence le 5 août 1715. Près de la place de l’Hôtel de Ville et de la Halle aux Grains, au 26 d’une rue d’Aix qui porte à présent le nom de Vauvenargues, une plaque de marbre fixée sur l’étage d’un immeuble anonyme mentionne le lieu de sa naissance. Cet officier des armées royales, ce méridional qui n’aimait pas profondément le Midi vécut les dernières années de sa vie à Paris. Il devint un proche ami de Voltaire qui l’aida pour reprendre l’écriture de ses Maximes. La maladie l’emporta brutalement, il n’avait pas encore trente-deux ans. Il décéda vers quatre heures trente du matin, le dimanche 28 mai 1747.

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L'exposition Les Cahiers dessinés à la Halle Saint Pierre à Paris PDF Envoyer
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Vendredi, 17 Juillet 2015 12:25
OEILbd

Frédéric Pajak, sans titre, encre de Chine sur papier, 29, 7 x 21 cm. 2014.

Au pied des grands escaliers qui conduisent au Sacré-Cœur, la Halle Saint-Pierre, qui fut longtemps un marché, présente depuis vingt ans de remarquables expositions qui s’intéressent en particulier à toutes les formes de ce que l’on peut appeler l’art singulier (art naïf, art brut, «outsider art», etc.), mais pas seulement: ainsi, entre septembre 2007 et mars 2008, c’est là que l’on put voir une exposition sur ce héros méconnu que fut Varian Fry. Aujourd’hui, depuis le 21 janvier et jusqu’au 14 août prochain, la Halle rend hommage à la collectionLes Cahiers dessinés publiée depuis 2002 sous la direction de Frédéric Pajak (qui est le commissaire de l’exposition).


Il faut rappeler qu’en novembre 2012, une très brève exposition François Aubrun, présentée par la galerie Topographie de l’art, dans le Marais, avait célébré le dixième anniversaire de cette collection.Cette fois, étant donné que l’exposition présente des œuvres de 67 artistes et que, d’une part, elle ne cherche aucunement à les relier par autre chose que le fait qu’ils ont tous beaucoup dessiné et, pour nombre d’entre eux, seulement dessiné, et que, d’autre part, elle ne procède qu’à quelques rapprochements qui s’imposent (Alechinsky près de Christian Dotremont, par exemple), on s’attend à une grande diversité. Et cette diversité est telle en effet qu’elle peut paraître déconcertante. Mais, en observant dès l’entrée que, dans un même espace, se côtoient des dessins de Victor Hugo (d’ailleurs trop peu nombreux) et de Chaval, de Vallotton et de Topor, de Bruno Schulz et de Saul Steinberg, etc., non loin de dessins abstraits (comme ceux de François Aubrun, de Lin Wei-Hsuan ou de Francine Simonin), on se dit que cette impression a été voulue, volontairement recherchée, ne serait-ce que pour rendre fidèlement compte de la diversité des livres de la collection. Une impression donc de variété infinie, et avec elle la certitude que le dessin – peut-être davantage que la peinture, mais à l’instar de l’écriture – peut tout, tout dire. Encore faut-il ajouter que le mot «dessin» est pris ici dans un sens extensif puisque la peinture acrylique n’est pas absente de certaines œuvres présentées (de Kiki Smith,d’Alechinsky et de Jean Scheurer notamment).

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