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4 juillet, Raymond Reynaud, un artiste de la Neuve Invention chez Marseille-Provence 2013 PDF Envoyer
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Mardi, 11 Juin 2013 21:14

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Raymond Reynaud, à La Peyronnette, près de Senas (photo Jean Bernard).

Il était né à Salon-de-Provence le 8 octobre 1920. Sa ville natale ainsi que l'association des amis de Raymond Reynaud organisent pour le prochain été, sous la responsabilité de Juliette Laffon, déléguée aux arts plastiques de Marseille-Provence 2013, une rétrospective qui regroupera une cinquantaine de ses peintures et de ses sculptures dans la Salle Septier de Salon, du 5 juillet au 29 septembre. Le vernissage se déroulera le 4 juillet 2013, Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint Pierre de Paris, préface le catalogue de cette exposition. 


Raymond Reynaud était un homme plein d'humour, de malice et de délicatesse. La faconde méridionale, les éclats de rire, le courage et la vivacité de ce personnage foncièrement simple et généreux étaient merveilleusement contagieux. Son coeur fut souvent malade, de méchantes dépressions le guettèrent lorsqu'il fut contraint d'abandonner son métier de peintre en bâtiment. Plusieurs médecins, des guérisseurs plus ou moins convaincants, un grand amour de la vie, la compagnie d'Arlette qu'il épousa en 1959, toutes sortes de ruses et de finesses, ainsi qu'une très belle force intérieure lui permirent d'oeuvrer entre Alpilles et Durance, jusqu'à l'âge de 87 ans.

Sa biographie raconte qu'il avait perdu sa mère dés l'âge de douze ans ; son père s'était remarié. Raymond n'avait pas réussi son certificat d'études. Tout en devenant apprenti-peintre en bâtiment, il avait volontiers participé aux cours du soir de l'école d'art de Salon : des natures mortes et des paysages provençaux sans saveur particulière témoignent pour son assiduité. Il suivit aussi des cours de solfège. Son saxophone lui permit de fonder des orchestres de bal-musette qui sillonnèrent les campagnes pendant cinq joyeuses années : les petits groupes d'amis qu'il avait réunis s'appelaient Donald et ses boys, Rigth Music, ou bien Bikini Jazz.

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"Monsieur Edouard", gouache huilée sur contreplaqué, format  60 x 88 cm (photo Jean Bernard).
Son appétit de savoir et sa curiosité ne désarmèrent jamais. Raymond Reynaud n'était pas un farouche réfractaire : il suivit des stages dans le cadre des "Académies populaires" et de mouvements associatifs liés à la Fédération Léo Lagrange. Sa culture personnelle était étonnante. En connaissance de cause et sans bluff, il lui arrivait d'évoquer au milieu d'une conversation tout à fait détendue les fresques de Lascaux, l'Art Roman, le Christ de Cimabue, les mandalas tibétains, Miguel de Cervantès, Vincent Van Gogh et Gaston Chaissac, Lucian Freud et Jean-Michel Basquiat.
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Vendredi 14 juin, samedi 15 juin, "Marseille-Transit", deux rencontres du MuCEM PDF Envoyer
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Samedi, 08 Juin 2013 15:15

mucem


Marseille-Transit, deux rencontres à l'initiative du MuCEM de Marseille et de Thierry Fabre. Entrée libre et gratuite.

vendredi 14 juin, 18 h 30, sur la terrasse du Fort Saint-Jean :

"L'art en guerre, à la Villa Air Bel, au Camp des Milles et chez les Croque-Fruits".
Rencontre avec Laurence-Bertrand Dorléac et Alain Paire.

Laurence-Bertrand Dorléac est historienne d'art, professeur à Sciences Politiques Paris où elle dirige le séminaire Arts et Sociétés,  commissaire en compagnie de Jacqueline Munck de l'exposition L'art en guerre 1938-1947 montrée pendant l'hiver 2012-2013 au Musée d'art moderne de la ville de Paris (exposition actuellement programmée au Musée Guggenheim de Bilbao). Parmi ses livres, L'art de la défaite, 1940-1944 (éd. du Seuil 1993),  L’Ordre sauvage : violence, dépense et sacré dans l’art des années 1950-1960 (éd. Gallimard, 2004) et Après la guerre (éd. Gallimard 2010).


Vendredi 14 juin, 22 h, esplanade du Fort Saint-Jean, entrée libre, projection en plein air du film Transit de René Allio, en présence de Maître Roland Rapapport.


gérard allibert
juin 2013, photographie de Gérard Allibert.

samedi 15 juin, 18 h 30, sur la terrasse du Fort Saint-Jean :

"Varian Fry, l'ami américain, Gilberto Bosques, le diplomate mexicain".
Rencontre avec Jean-Marie Guillon, Gérard Malgat et Alain Paire.

Jean-Marie Guillon est historien, professeur émérite de l'université d'Aix-en-Provence, directeur de l'UMR Telleme de 2007 à 2012,  thèse sous la direction d'Emile Temine, La Résistance dans le Var. Essai d'histoire politique. Gérard Malgat vient de publier deux livres aux éditions de L'AtinoirMax Aub et la France ou l’espoir trahi et Gilberto Bosques, la diplomatie au service de la liberté.

 


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Avril-Juin 1940 : le peintre Henry Gowa à Lambesc et au camp de Saint-Nicolas PDF Envoyer
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Lundi, 03 Juin 2013 11:25

Henry Gowa

La Marche de Saint-Nicolas, peinture d'Henry Gowa, 27 juin 1940.

Cette histoire est faite de bribes : des échos lointains, de rares images, des documents administratifs, des chercheurs et des témoins dessinent une trame qui se précise quelquefois. A côté du camp des Milles et de sa dramatique histoire qu'on appréhende à présent assez complètement, il y eut dans les Bouches-du-Rhône ce que l'historien Robert Mencherini appelle la galaxie des camps d'internement des années 1939 / 1940 : pendant ces sombres années, plusieurs lieux, toute sortes de micro-épisodes façonnent les destins infiniment contrastés des ressortissants principalement allemands et autrichiens, des exilés qu'une Troisième République intolérante et xénophobe considérait comme des "indésirables" et des "ennemis potentiels".

 


A Lambesc, une exposition qui sera inaugurée le 8 juin 2013, plusieurs manifestations et publications, ainsi qu'une magnifique acquisition, la donation d'un dessin d'Henry Gowa, dûment daté et localisé, permettent de mieux comprendre la brève histoire d'un camp d'internement dont la mémoire risquait de s'éteindre. Deux publications, le livre pionnier d'André Fontaine à propos du Camp d'étrangers des Milles (Edisud,1989 ) ainsi que Zone d'ombres (1990, un collectif dirigé aux éditions Alinea par Jacques Grandjonc et Theresa Grundtner) avaient mentionné les contours de cette courte séquence : le camp de Lambesc fonctionna pendant quelques semaines, entre le 18 avril et le 22 juin 1940. Menées principalement dans les archives départementales des Bouches du Rhône (en particulier dans le centre aixois des archives, avec l'aide de Rémy Bouder), les recherches de l'historienne Claire Lutrin-Le Pors se sont concrétisées à la faveur de l'édition en juin 2012 d'une plaquette qui restitue l'essentiel des connaissances qu'on peut rassembler à propos du camp d'internement de Lambesc.

Camp de Lambesc : 343 internés.


En 1940, un peu moins de 2.000 habitants sont recensés à Lambesc qui fut par ailleurs le lieu de naissance d'un ami de Van Gogh, le facteur Joseph Roulin (1841-1903). Le village vivait principalement grâce à l'agriculture et la petite industrie de la converse : il compte trois conserveries dans son agglomération. Ces conserveries ont pour nom Gillet & fils, Ours ainsi que Barbier & Dauphin. La première d'entre elles est réquisitionnée pour abriter les internés qu'on ne garde plus dans la Tuilerie des Milles, provisoirement fermée le 18 avril 1940.


Claire Lutrin indique que le commandant du camp, le capitaine Charles Goruchon (1891-1961) conduit le transfert officiel depuis Les Milles jusqu'à la conserverie Gillet & fils qu'on appellera plus tard conserverie Beaudoux & Cie. Plusieurs centaines de prisonniers et une centaine de gardes rejoignent Lambesc ; on suppose que ces hommes sont arrivés au village par le train, grâce à la ligne de chemin de fer qui reliait Aix-en-Provence et  Salon. Les internés sont logés parmi les étages de l'usine ;  lorsqu'ils ne sont pas de garde, les officiers ont domicile chez l'habitant. La conserverie Gillet & fils se situe à quelques centaines de mètres de la mairie, route de Caireval : ses locaux sont aujourd'hui en grande partie détruits, des logements et des parkings occupent son emplacement. Le mess des officiers est en face de la mairie, sur l'emplacement de l'actuel syndicat d'initiative ; les internés prennent leurs repas à l'usine Barbier-Dauphin qui se trouvait sur l'actuelle place du marché.

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André Breton et Claude Lévi-Strauss, Marseille/ New York PDF Envoyer
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Samedi, 25 Mai 2013 09:35
Portrait d'André Breton, dessin d'André Masson
Portrait d'André Breton, dessin d'André Masson

Depuis mars 1941 jusqu'au milieu des années cinquante, beaucoup d'estime et d'amitié, un ardent mélange de connivence et de distance réunirent Claude Lévi-Strauss et André Breton. Trois épisodes scandent leurs échanges et leurs confrontations. A compter du 24 mars et jusqu'au 20 avril 1941, entre Casablanca et Fort-de-France, il y eut tout d'abord leurs rencontres et leurs discussions sur le pont du Capitaine-Paul-Lemerle, un navire parti de Marseille (1) qui avait pour destination l'exil aux Etats-Unis.

Plusieurs menaces, de fâcheuses péripéties retardèrent leur arrivée, les migrants n'arrivèrent pas ensemble à New York. André Breton et son épouse Jacqueline Lamba rencontrèrent Aimé Césaire en Martinique, séjournèrent en Guadeloupe et firent escale à Saint Domingue. Ils débarquèrent au début de juillet 1941, quelques semaines après Claude Lévi-Strauss qui effectua un détour par Porto-Rico et découvrit la statue de La Liberté à la fin du mois de mai.

Après quoi, ce fut un temps de compagnonnage et d'amitié dans Grennwich village et les rues de New York. Les chemins de Breton et de Lévi-Strauss ne furent pas vraiment parallèles : ils partagèrent selon des modalités sensiblement différentes la condition de l'exilé. L'une de leurs belles occasions de retrouvailles, ce fut en compagnie de Max Ernst, avec Roberto Matta, Georges Duthuit ou bien Robert Lebel, au n° 943 de la Troisième Avenue, la boutique de l'antiquaire Julius Carlebach. Dans cet espace et pour des prix plus que raisonnables, il eurent la chance d'identifier et d'acquérir pour leurs collections personnelles des objets d'art primitif de belle provenance, principalement des pièces des indiens de la côte ouest du Pacifique.

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Franz Hessel / Walter Benjamin : Camp des Milles, Marseille et Sanary, derniers jours en France PDF Envoyer
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Lundi, 20 Mai 2013 21:58
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Promenades dans Berlin, autrefois commenté par Jean-Michel Palmier, est disponible aux éditions de L'Herne, préface de Stéphane Hessel

Voici plus de 70 ans, le 6 janvier 1941, Franz Hessel vécut les ultimes heures de sa vie à Sanary, dans le Var. Ses parents relevaient d'une famille juive établie en Allemagne depuis plusieurs générations. Il naquit en 1880 et passa une grande partie de sa jeunesse à Munich et à Berlin. La césure de la première guerre mondiale n'altéra jamais son amour profond pour Paris et pour la France. François Truffaut et Oskar Werner qui immortalisèrent sa présence dans Jules et Jim, de grands spécialistes et biographes de Walter Benjamin - Gershom Sholem, Jean-Michel Palmier, Bernd Witte - Manfred Klügge qui a beaucoup publié pour faire connaître l'exil des écrivains allemands à Sanary (1), et puis le fils cadet de Franz, Stéphane Hessel ont maintes fois évoqué son émouvante trajectoire.

On a souvent écrit pour silhouetter l'oeuvre de Franz Hessel qu'avec ses récits d'inlassables promenades urbaines, ce flâneur perpétuel avait inventé un nouveau genre littéraire. A propos de Berlin et de Paris, les deux cités qu'il parcourait à la manière d'un lecteur avide de retrouver l'intensité d'un livre passionnément élu, Hessel fut un irrépressible découvreur. Comme son ami Siegfried Kracauer qui travailla dans des champs de grande proximité, il n'ignorait pas que "la valeur d'une ville se mesure au nombre de lieux qu'elle réserve à l'improvisation".

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Depuis juillet 2010 - un texte pour une exposition de Vincent Bioulès à Paris - Alain Madeleine-Perdrillat nous a confié seize articles à propos de la littérature et des arts...

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